23/11/2015

1984

Les femmes aux commandes… numériques

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Maître de conférences à l’IUT d’Amiens, aujourd’hui à la retraite en Bretagne, Christian Cheret a participé, en 1984, à la mise en place de la première formation d’opératrice sur machines à commande numérique. Une petite révolution à l’époque.
1984

Nous étions à la fin de l’année 1983. On venait d’apprendre qu’il y aurait un vaste plan de licenciement à l’usine Lee Cooper d’Amiens. L’entreprise allait déménager au Maroc et mettre sur le carreau toutes les opératrices qui travaillaient sur le site. Peu de temps après, la secrétaire d’État aux Droits des femmes nous a sollicités pour leur trouver une reconversion. Nous avons décidé de créer une formation d’opératrice sur machines à commande numérique. C’était quelque chose de vraiment novateur.

Pour certains, j’étais un doux utopiste. La société ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée des femmes dans les usines. Aujourd’hui, les mentalités ont évolué et c’est heureux ! À l’époque, les machines à commande numérique commençaient seulement à faire leur apparition dans les usines et leur utilisation nécessitait des connaissances approfondies en mécanique et en programmation. Les professeurs n’étaient pas habitués à donner des cours à un public dont l’unique diplôme se résumait, pour la majorité, au certificat d’études ou au brevet des collèges.

Avec l’ANPE, nous avons donc sélectionné une douzaine de stagiaires sur des entretiens de motivation. Cette formation de six mois comprenait un stage en entreprise de plusieurs semaines et cinq modules d’enseignement : une remise à niveau en mathématiques, de la programmation, de l’usinage traditionnel, de la construction mécanique (dessin industriel) et de l’usinage sur machines à commande numérique.

Presque toutes ces femmes ont ensuite retrouvé un emploi. Certes, pas toujours dans une usine, mais le décrochage a été évité. Cette formation qui a fait couler beaucoup d’encre a permis, à mon sens, de faire évoluer les mentalités. On a démontré qu’il était désormais possible d’intégrer durablement des femmes bien formées dans les métiers traditionnellement masculins. Rappelons qu’à l’époque de très nombreux sites industriels n’étaient absolument pas équipés pour recevoir des femmes.

À ma connaissance, nous avons été la seule expérience de ce genre à Amiens. Trente ans après et une montagne de formations plus tard, je suis toujours aussi convaincu de son intérêt.

 

MOTS-CLES

emploi , formation , industrie

Une fille dans l'industrie

En 1984, Agir disait...

"1984… La femme accède aux métiers de l’industrie. La femme au travail, ce n’est pas nouveau. Que la femme exerce des professions jusque-là réservées aux hommes, voilà qui est déjà plus intéressant. Depuis qu’une femme est devenue major de sa promotion à l’École polytechnique, les choses ont changé. Des femmes ministres, des femmes pilotes de Boeing, gendarmes, conductrices de poids lourds… La situation évolue à grands pas."

Ainsi commençait un article d’Agir consacré à une toute nouvelle formation, montée de toutes pièces pour une petite promo de jeunes femmes qui avaient entre 20 et 30 ans.

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