23/11/2015

1982

Le tourisme de proximité avec 20 ans d’avance

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1982, le littoral picard est en pleine mutation avec le lancement d’un vaste programme d’aménagement. Dominique Cocquet, alors à la tête du Syndicat mixte de la côte picarde, en a été l’un des principaux artisans. Élément de l’identité picarde, cette côte est aujourd’hui mondialement reconnue. Retour sur cette période charnière qui a amorcé son développement.
1982

Du tourisme en Picardie, sur la côte ? L’idée faisait sourire pas mal à Paris, à la fin des années 1970. L’état d’esprit parisien était négatif. La fraîcheur du climat, l’ensablement de la baie…, les arguments ne manquaient pas. Et puis, l’époque valorisait les bétonneurs, avec des intentions de créer des marinas dans chaque port (du Hourdel, de Saint-Valery et du Crotoy), voire de fermer la baie pour en faire un plan d’eau navigable.

C’était sans compter la poignée de vrais passionnés que nous étions. On peut citer Max Lejeune, longtemps maire d’Abbeville, président du Conseil général, puis régional… Ce sénateur a pris le contre-pied de l’aménagement du territoire en dur ! Autre grand inspirateur, Michel Jeanson, à l’origine du parc du Marquenterre. Il projetait de créer là une vaste zone de production de tulipes. Le marché commun européen a mis à mal ses plans. “Et si on accueillait là des oiseaux… ? Il a mis de côté la rentabilité immédiate pour se préoccuper de nature. La réserve ornithologique était née. En 1983, le Conservatoire du littoral a racheté le parc.

Faire de la baie de Somme un haut lieu du tourisme de proximité et de nature : ce projet a séduit. Aucune opposition, tant du côté des 19 communes concernées que du Département, de la Région ou bien encore des chambres consulaires… tous membres du Syndicat mixte d’aménagement de la côte picarde que j’ai eu la chance de diriger. Quand la vision est juste, elle crée sans difficulté l’adhésion, même si les sensibilités politiques sont différentes. Aussi, l’expropriation nécessaire sur plus de 250 hectares, entre Quend-Plage et Fort-Mahon — qui donnera plus tard naissance à l’écovillage de Belle-Dune —, n’a pas généré de réticence. Inspirée de projets en vigueur dans les pays du nord de l’Europe, les Pays-Bas, le Danemark, le Royaume-Uni…, l’idée était de protéger ce capital fantastique. On avait 20 ans d’avance !

Le contrepoint de la politique de protection ? Le développement économique. Pour autant, aujourd’hui, peu de grands groupes sont présents. L’ambiance a été conservée, avec des petits opérateurs. Les Parisiens viennent y puiser ce besoin d’authenticité. Comme la côte basque, la côte picarde n’a pas été dénaturée par du béton à perte de vue. Étendue sur 15 km de profondeur et 5 km de large, la baie de Somme est aujourd’hui connue dans le monde entier, attirant Anglais, Néerlandais, Luxembourgeois… Pas moins de 540 000 visiteurs ont été accueillis en 2014, des statistiques en progression de 11 %. Assurément, la baie de Somme est un joyau international et le Marquenterre, l’un des plus beaux massifs dunaires de France. Tous deux sont totalement protégés.

 

La baie de Somme, Grand Site de France

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