12/02/2015

Centre d’étude et d’exposition Antoine Vivenel

La face cachée du patrimoine archéologique mise à nu

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A Compiègne, le Centre d’étude et d’exposition Antoine Vivenel accueille des archéologues spécialisés, des restaurateurs d’art et une partie des réserves du musée. Un lieu de référence unique en France autour des métiers du patrimoine.
Centre d'étude et d'exposition Antoine Vivenel

Lumière sur des métiers de l’ombre

Vous vous êtes certainement attardés au moins une fois devant un objet archéologique, pour admirer la beauté de ses courbes, la quantité de travail qu’il a nécessité et le talent de l’artisan. Mais avant sa présentation derrière une vitre de musée, cet objet a été étudié et restauré avec minutie et passion par des archéologues spécialisés. Désormais, au Centre d’étude et d’exposition Antoine Vivenel de Compiègne, toute la chaîne du travail de l’objet muséal vous sera révélée. Une initiative unique en France, dans la lignée de la philosophie pédagogique d’Antoine Vivenel, mécène et créateur du musée homonyme.

Inauguré en octobre 2013, le Centre Antoine Vivenel souhaite devenir un lieu de référence autour des métiers du patrimoine. Avec une double vocation pédagogique et de recherche auprès des étudiants et des professionnels. Christine Amiard, responsable du service des publics, précise : "Les groupes scolaires peuvent, sur réservation, poursuivre la visite du musée par une animation dispensée par les restaurateurs d’art de l’association "Autour du patrimoine" et par les archéozoologues et les carpologues du Cravo*. Dans l’atelier dédié aux visites ou dans la bibliothèque adjacente, le public découvre comment on dégage un objet, comment on comprend son origine et sa fonction, comment on renforce sa solidité et de quelle manière on le valorise."

Le centre abrite également une partie des réserves du musée Antoine Vivenel, et dispose d’une salle d’exposition temporaire qui permettra au musée de proposer des expositions thématiques de plus grande ampleur et d’assurer une meilleure rotation des collections, dont 7 % seulement sont visibles par le public. Le site héberge aussi les ateliers et laboratoires de l’association "Autour du patrimoine et du Cravo".

Derrière les animaux, l’homme

"Nous nous intéressons à l’homme qui se cache derrière les animaux depuis la préhistoire", résume Jean-Hervé Yvinec, secrétaire du Cravo. "L’archéologie fournit des sources relatives à l’art culinaire et aux aliments. Elle permet d’apprécier l’exploitation et la production des biens de consommation, de l’élevage à la culture céréalière en passant par la vigne, les jardins, les étangs, tout cela à partir des restes d’animaux et de végétaux. Les traces de découpe sur les ossements d’animaux consommés apportent des connaissances sur les habitudes alimentaires de nos ancêtres. Les Gaulois, par exemple, mangeaient du chien. Cette coutume disparaît progressivement avec les Romains."

Visite guidée dans l’atelier d’une restauratrice métal

"Je cherche à restituer la valeur historique et artistique de l’objet archéologique, pour le rendre accessible au public." Pascale Gardin est l’un des quatre restaurateurs d’art de l’association "Autour du patrimoine" travaillant au Centre Antoine Vivenel avec Sylvie Leconte, Frédérick Masse et Claire Gonnier. Depuis 28 ans, cette passionnée redonne du lustre aux "vieilles" pièces de métal – poignards, dagues, épées, glaives, boucles de ceintures, fibules, chaudrons… – emprisonnées très souvent dans une gangue de corrosion plus ou moins épaisse.

"J’alterne les traitements chimiques et mécaniques pour retrouver la surface d’origine de l’objet et ainsi le préserver", précise-t-elle. Un labeur très minutieux qui ne doit pas "altérer" la structure du métal. Au 2e étage du bâtiment, l’atelier de Pascale Gardin fait le pont entre archéologie et musée. L’endroit ressemblerait presque à une clinique pour objets en détresse avec ses appareils photographiques, son binoculaire à grossissement x 40, sa hotte aspirante, sa molette à micro-tour, sa micro-sableuse, son appareil à ultrason ou cavitron.

Façonnées par la main experte de l’homme, ces "reliques" à la fragilité exacerbée renferment une charge émotionnelle qui n’a rien perdu de sa vitalité au fil des siècles. "Les traces de peau, par exemple, liées à l’humain, me touchent énormément. Il faut absolument les préserver." Finesse de l’orfèvrerie celte Pascale Gardin confie son émerveillement pour la civilisation celte. Les celtes, ces peuplades indo-européennes que les Romains nommaient injustement "barbares", comptaient de nombreux artisans passés maîtres dans l’art de l’orfèvrerie. La restauratrice se souvient d’une tombe aristocratique découverte en 1996, renfermant une panoplie complète de chars avec des inscriptions zoomorphes sur un côté et un décor de tête humaine surl’autre. Des souvenirs ineffaçables !

 

MOTS-CLES

musée , patrimoine

DIAPORAMA

LOCALISATION

 

INFORMATIONS PRATIQUES

Musée Antoine Vivenel
2, rue d’ Austerlitz - 60200 Compiègne
03 44 20 26 04
www.musee-vivenel.fr

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