16/05/2014

Zoom sur le volet "Environnement et Lutte contre la Désertification" du programme

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Lors de l’élaboration des diagnostics communaux, les partenaires ont régulièrement évoqué les contraintes importantes rencontrées par les communautés locales en ce qui concerne les conditions du milieu et la gestion des ressources naturelles. Faiblesse des précipitations, épisodes successifs de sécheresse et augmentation démographique entrainent en effet une pression très forte sur les ressources de ces territoires, dans lesquels était observée une dégradation considérable des sols, de la végétation et des ressources en eau.
Zoom sur le volet "Environnement et Lutte contre la Désertification" du programme

Plusieurs problèmes ont été identifiés comme la disparition des forêts, la dégradation de la végétation et donc des pâturages, la perte de fertilité des sols jusqu’à la glaciation des terres le ravinement, l’ensablement des terres et des mares, l’envahissement des mares par des mauvaises herbes...

Les causes sont multiples, parmi lesquelles le changement climatique mais aussi des facteurs humains comme la coupe de bois ou la fatigue des sols par des pratiques d’exploitation peu durables.

Compte tenu du fait que les conditions de vie des populations dépendent largement du milieu et du rôle que se sont appelées à jouer les communes dans ce domaine, un second volet, dédié à la gestion des ressources naturelles et à la lutte contre la désertification a été étudié, puis mis en place en 2008.

Spécificités de la démarche

Les interventions du programme dans ce domaine s’inscrivent dans une stratégie d’aménagement global de protection et de conservation des ressources naturelles et de la pérennisation des investissements réalisés dans les communes par des projets antérieurs ;

  • La démarche est communautaire c’est-à-dire qu’elle responsabilise la population qui utilise ou vit à proximité des ressources concernées et qui subit quotidiennement les conséquences de ses dégradations. Ces populations sont formées pour pouvoir organiser et réaliser les travaux elles-mêmes. Le programme les équipe et appuie les travaux à haute intensité de main d’œuvre à travers une rétribution pour les équipes qui réalisent les ouvrages
  • Les communes sont impliquées au niveau de l’identification des sites, de la programmation, et elles sont associées à l’ensemble du processus de réalisation. Elles ont un rôle important à jouer dans le suivi des sites, pendant et après les travaux
  • Le statut foncier des sites restaurés et préservés est clarifié. En renforçant et en associant les structures locales prévues par le code rural nigérien, la communauté éclaircit et au besoin officialise les caractéristiques foncières des sites proposés pour les activités du volet "Lutte contre la désertification".
  • Cette implication des communes, des autorités coutumières et des commissions foncières permet de réaliser les activités sur les sites sans ambigüité sur leur statut ou sur les droits de leur future exploitation.

Quels impacts de la démarche ?

Bénéfice écologique :
La restauration des terres dégradées et leur protection pendant au moins 3 ans dans le cadre de ce programme a produit des effets bénéfiques au niveau écologique. On observe ainsi, par endroit, le rehaussement et la recharge de la nappe phréatique à travers l’amélioration de l’infiltration des eaux et la réduction de l’ensablement des bas—fonds.

Augmentation de la production agricole :
L’empoissonnement des mares permet de développer une activité de pêche qui contribue à la diversification alimentaire et à une augmentation des revenus, réduisant ainsi le niveau de vulnérabilité des ménages.

Création d’emplois, augmentation des revenus et lutte contre l’insécurité alimentaire :
Les opérations conduites ont permis de créer des emplois permanents et temporaires comme les auto-encadreurs des sites et la main-d’œuvre des pépinières.
Ils contribuent également à la réduction de l’exode saisonnier du fait de l’injection monétaire réalisée.

Gouvernance partagée et gestion pérenne des sites :
Le fait d’avoir élaboré avec les acteurs locaux des programmes d’intervention, les choix techniques et organisationnels mais surtout des règles de gestion adaptées à la situation après travaux est déterminant pour la durabilité des interventions.
Les efforts engagés dans le domaine de la sécurisation foncière, avec le renforcement des interventions des commissions foncières départementales, l’appui à la création commissions foncières de base de niveau communal et à la formation des membres sont également gage de durabilité.

Historique

2008-2009 : Mise en place du volet "Environnement et Lutte contre la Désertification" au sein du programme.
Les travaux préliminaires effectués en 2008 et 2009 ont permis de déterminer la nature des interventions à mener. C’est ainsi que se sont engagés des travaux de récupération des terres dégradées sur les plateaux, les glacis et les versants. Au niveau des mares, la lutte contre les espèces envahissantes et l’empoissonnement ont été priorisés.

2010-2011 : Amélioration des méthodes ayant fait leurs preuves afin d’élargir les superficies des terres récupérées et d’améliorer durablement la situation des mares.

2011 : Évaluation externe démontrant que les actions de lutte contre la désertification ont eu des effets positifs sur l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment des groupes les plus vulnérables. Elles ont contribué à la lutte contre l’insécurité alimentaire à laquelle font face de façon récurrente les populations des plateaux. De plus, les travaux de conservation des eaux et de défense et restauration des sols ont contribué à la recapitalisation des exploitations et à la réduction de l’exode saisonnier du fait de l’injection monétaire réalisée.

2012-2013 : Consolidation des investissements réalisés à travers la poursuite des travaux initiés en 2009, 2010 et 2011 avec comme innovation la création de deux stations d’alevinage pour faciliter l’empoissonnement des mares.
Préparation de la phase 2014-2017.

2014-2017 : Intégration du volet dans les Phase II du programme.

INFORMATIONS PRATIQUES

Contact
Julian Creuze
Service des relations internationales et de la coopération décentralisée
Tél : (+33) 03.22.97.38.39
jcreuze cr-picardie.fr

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