23/11/2015

Vivons vieux, vivons heureux

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Mercredi 23 novembre 2050. Delphine s’est mise sur son 31 ! Elle s’apprête à réunir toute sa famille. Enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants…, ils seront pas moins de 80 à l’entourer pour souffler ses 125 bougies.
Vivons vieux, vivons heureux

C’est une belle journée. Toutes ses constantes sont bonnes. Parole de bracelet connecté ! À distance, son médecin vient de lui donner le feu vert pour ce surcroît d’émotions familiales. Et sa dernière chute n’est qu’un vieux souvenir. Sa boîte crânienne a été pleinement reconstituée grâce aux fragments sortis directement de l’imprimante 3D du chirurgien. Tout l’intérêt des matériaux composites ! Tout l’intérêt aussi de sa connexion permanente. Son médecin a été prévenu en temps réel de ce qui se passait chez sa patiente. Elle vit parfaitement autonome.

En 2050, les "Jeanne Calment" sont légion mais, à la différence de la doyenne de l’humanité en son temps, elles sont en pleine forme, énergiques, alertes et sportives. Le maintien à domicile est la règle qui prévaut, mais toujours sous contrôle. L’hyperconnexion va révolutionner la fi n de vie. Résultat : les missions des maisons de retraite ont été revues : elles accueillent en priorité des patients atteints de pathologies lourdes, comme aujourd’hui la maladie d’Alzheimer.

L’avis de la Christine Ammirati, Béatrice Jamault et Maxime Gignon*

"Son médecin en bandoulière ? Pas tout à fait. Apparus dans les années 2000 à 2010, les objets connectés ont – c’est vrai – pleinement investi le champ médical. Déjà sur le marché, les piluliers intelligents vont se développer. Rien d’étonnant donc à imaginer que celui de Delphine lui délivrera quotidiennement son traitement à heure fixe, et s’affolera quand les médicaments ne seront pas pris. Un boîtier ou bracelet donnera des informations non-stop sur l’hygiène de vie quotidienne, la pratique ou non d’activités physiques de chacun. Une attitude mettant en péril la santé à long terme sera détectée ? Alors, s’affichera un message de rappel des bonnes pratiques. L’infirmière et/ou le médecin en seront informés. L’heure sera à l’hyperinformation, dans tous les sens. Qu’elle soit montante, descendante, vers les médecins, les infirmières, vers les coachs en santé – l ’une des dernières professions créées sur le segment - vers les patients… On parle déjà de l’ère du smart data.

Tous médecins, en 2050 ? Pas pour autant. Mais tous les citoyens seront alimentés de données concernant leur santé. Comment les lire ? Comment les décrypter ? Quid de leur signification ? Quid de leur mise en concordance ? Quelle éducation thérapeutique dispenser alors ? Acteur reconnu au plan national de la formation des professionnels de santé, SimUSanté, à Amiens, développe déjà un catalogue de cursus pour les patients et leur entourage. Et il s’étoffera dans les années à venir.

L’éducation thérapeutique va devenir cruciale et, dans le même élan, on peut imaginer que l’école formera les enfants dès leurs premiers pas en milieu scolaire. Évidemment, la formation et les soins profiteront pleinement de cette explosion technologique, les exemples sont nombreux. Déjà, en 2015 – et c’est une première – SimUSanté se dote d’un simulateur en 3D, où l’apprenant se fond dans un environnement professionnel virtuel. Par ailleurs, ponctions artérielles, veineuses, intubations…, tous ces gestes sont appris, répétés sur mannequins, certains truffés d’électronique permettant de suivre les variations induites sur les paramètres physiologiques. Si les prothèses cardiaques en sont aujourd’hui à leurs balbutiements – on a pu suivre le devenir des premiers patients munis d’une prothèse totale –, le cœur artificiel sera probablement devenu banal. Et pourquoi pas cette technologie appliquée aux poumons ?

Alors certes, l’évolution technologique impactera la médecine de demain, mais cet impact sera d’autant plus favorable que les soignants et les soignés seront éduqués, les relations interhumaines protégées. L’adage qui prévaut : jamais la première fois sur le patient ! La médecine n’est pas déshumanisée."

 

MOTS-CLES

santé

* Professeure Christine Ammirati, coordonnatrice scientifique et pédagogique ; Béatrice Jamault, coordonnatrice pédagogique et administrative de SimUSanté ; Maxime Gignon, référent recherche, maître de conférences et praticien hospitalier de santé publique - CHU Amiens-Picardie.

INFORMATIONS PRATIQUES

A VOIR AUSSI

SimUSanté : pour une meilleure prise en charge des malades
Le centre a ouvert ses portes en mars 2013, à Amiens
 
 
 

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici