24/09/2010

TGV Roissy-Picardie : un projet sur les rails ?

Quatre objectifs, deux scénarios et trois options de passage...

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Un débat public a été organisé, du 15 avril au 31 juillet 2010, sur le projet de liaison ferroviaire Roissy-Picardie : il s’agit d’un barreau reliant le réseau des lignes à grande vitesse d’interconnexion à la ligne classique, construite au XIXe siècle entre Paris et Amiens par Creil.
<span class="caps">TGV</span> Roissy-Picardie : un projet sur les rails<small class="fine"> </small>?

Les résultats sont globalement très favorables au projet, d’autant plus que l’État affiche aujourd’hui dans son avant-projet de Schéma national des infrastructures de transport (SNIT) l’engagement du projet Roissy-Picardie à l’horizon 2020 !

Les objectifs poursuivis

Selon Réseau Ferré de France, ce projet poursuit quatre objectifs principaux.

  • Raccorder la Picardie au réseau à grande vitesse grâce à des correspondances d’autres pôles régionaux, comme Beauvais, Compiègne, Saint-Quentin, Abbeville… mais également la vallée de l’Oise. En effet, le réseau ferroviaire qui dessert la Picardie – de l’ordre de 1 500 kilomètres de lignes – n’est pas connecté au réseau à grande vitesse qui, pourtant, traverse la Picardie. Il s’agit donc d’un projet de maillage du réseau ferroviaire.
  • Permettre des voyages plus courts et plus confortables entre la Picardie et les grandes métropoles régionales avec des temps de trajet réduits d’une demi-heure en moyenne.
  • Améliorer l’accès à Roissy grâce à une liaison directe à l’ensemble des dessertes en trains à grande vitesse offertes à partir de la gare Aéroport CDG-TGV, en facilitant l’accès à l’aéroport et de relier le pôle d’emplois de Roissy en 55 minutes à partir d’Amiens et en 20 minutes à partir de Creil.
  • Accroître la capacité du réseau

Les deux scénarios proposés

  • Un scénario TGV, avec 7 trains à grande vitesse aller/retour par jour entre Amiens et les grandes métropoles régionales, avec desserte de Creil et de la gare Aéroport CDG-TGV.
  • Un scénario TGV + TER, avec 7 trains à grande vitesse aller/retour par jour, 2 trains régionaux par heure en heure de pointe et 1 train en heure creuse, avec desserte de Chantilly.

Les trois options de passages envisagées

  • Un passage « Nord », impliquant la construction d’environ 11 km de linéaire, avec des enjeux importants en termes de paysage, de milieux naturels et d’occupation urbaine. Cette option, d’un coût prévisionnel de 275 millions d’euros, ne prévoyant aucun arrêt en Ile-de-France, assurerait le trajet Creil-Roissy en environ 18 minutes.
  • Un passage « Central », se traduisant par la construction d’environ 6 km de linéaire, avec des enjeux modérés en termes de paysage et de milieux naturels. Cette hypothèse, dont le coût est évalué à 155 millions d’euros, permettrait un éventuel arrêt en Ile-de-France pour les TER à Survilliers- Fosses et une liaison Creil-Roissy en environ 20 minutes.
  • Un passage « Sud », d’environ 7 km de linéaire, avec des enjeux localement forts (liés au relief et à l’urbanisation), de nombreux ouvrages d’art et deux arrêts envisageables en Ile-de-France pour les trains régionaux à Survilliers-Fosses et Louvres. D’un coût estimé à 240 millions d’euros, cette option permettrait de relier Creil à Roissy en environ 27 minutes.

De fortes divergences entre élus picards et élus du Val d’Oise

A en juger par l’assistance aux réunions, la mobilisation des élus ou le nombre d’articles de presse, ce débat a fortement mobilisé et suscité un intérêt profond aussi bien auprès des Picards que des Valdoisiens mais pour des raisons différentes.

Le projet : les uns s’en félicitent …
Pour les Picards, ce projet représente la réponse à un souhait
exprimé de très longue date. La première réunion publique à Amiens a sans conteste mis en
évidence l’unanimité des responsables politiques de tous horizons en faveur de la construction
de cette nouvelle voie.
On a notamment relevé lors de ce débat que si plus de 200 villes françaises sont reliées par le réseau TGV, une capitale régionale, Amiens, en l’occurrence, ne l’est pas. Demande d’équité, donc, comme ceci s’exprime dans de nombreux autres débats publics, objectif d’ailleurs ici poursuivi par le Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire (SRADDT) approuvé en 2009, qui présente la connexion de la Picardie au réseau à grande vitesse national comme un enjeu majeur de développement.

…mais les autres le regrettent vivement
Les élus regroupés au sein du syndicat intercommunal d’études de l’Est du Val d’Oise (SIEVO)
regrettent que l’Est de leur département soit oublié alors que fleurissent divers projets de
voies ferrées desservant la plate-forme de Roissy. Des élus considérant que le projet de liaison entre les actuelles lignes B et D du RER – dit « barreau de Gonesse », porté par le STIF et évoqué depuis de longues années – devrait être considéré comme prioritaire ; il éviterait en effet bien des inconvénients aux habitants de l’Est du Val d’Oise obligés de se rendre à Paris avant de remonter à Roissy.

Une question de cohérence territoriale

Cohérence entre projets ferroviaires, mais aussi cohérence territoriale mise en avant par les Picards. Un élu de la commune de Creil l’a noté : il convient d’envisager cette nouvelle
infrastructure dans le cadre d’un développement non seulement national mais aussi régional
et local. Cohérence avec la politique de recherche et d’enseignement fort active en Picardie
et avec la volonté d’ouvrir à 360 degrés la Région sur l’ensemble de l’Europe. Cohérence aussi
avec les projets d’aménagements urbains envisagés notamment par diverses villes picardes
ou entre cette infrastructure ferroviaire et le territoire le plus fertile de la région parisienne
comme le relève un paysagiste. Ce même souci est partagé et exprimé par les Valdoisiens
lorsqu’ils évoquent les difficultés rencontrées par leur département comme le souhait souvent
exprimé d’un développement du « triangle de Gonesse ».

Bilan du débat public

Compte rendu du débat public sur la liaison ferroviaire Picardie-Roissy

L’emploi au centre de toutes les préoccupations ; Aménagement et agriculture s’invitent dans le débat ; Quels passages ?


Télécharger (PDF - 1.9 Mo)

L’espoir

Selon le président de la CPDP, « la demande sociale est très forte en Picardie, pour la grande vitesse comme pour la desserte régionale. D’autre part, la desserte de Roissy par un transport durable, depuis le nord (Picardie)
comme depuis le sud (Val d’Oise) est apparue de plus en plus souhaitée. Cependant, le projet
reste controversé dans l’est du Val d’Oise, malgré les progrès très récents du projet de barreau
de Gonesse ». Il n’est pas interdit de penser que ce dernier projet semble avoir en quelque
sorte retrouvé vie à l’occasion du débat et de l’ouverture manifestée par nombre d’élus.
En tout état de cause, des études complémentaires devront être conduites en concertation
entre tous les acteurs afin de définir le tracé éventuel et pour répondre aux très nombreuses
inquiétudes des élus, de leurs administrés et des associations ressenties sur leur environnement.
C’est dire la persistance des problèmes ressentis au sein de ces régions et la nécessité d’y
apporter des réponses efficaces, non seulement pour la Picardie mais aussi pour le Val d’Oise.
Il semble que le débat a fourni les éléments essentiels à cette fin."

Le débat a été très suivi. Les réunions ont rassemblé 2300 personnes et chacune d’elle a permis
à 15 à 25 personnes de prendre la parole (hors maître d’ouvrage et CPDP). La commission
particulière a reçu plus de 800 avis, 367 questions, 53 cahiers d’acteurs dont 21 émanant de
collectivités locales et enregistré 46 contributions ainsi que 12 délibérations de collectivités
locales. Par ailleurs, la presse a consacré près de deux cents articles au sujet.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici