15/07/2010
Témoignages

Paroles de chercheurs

Poudre d’eau, train poids plume, batterie végétale : paroles de chercheurs

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Paroles de chercheurs

Nos chercheurs transforment l’eau en poudre

L’équipe du projet « Transformation
intégrée de la matière renouvelable
 » de
l’Université technologique de Compiègne
J-L. Lanoisellé (volet production et
valorisation des applications industrielles),
K. Saleh (responsable du projet),
I. Pezron (volet compréhension
des systèmes et phénomènes).

De la poudre d’eau ?
Khashayar Saleh : Ce projet a pour but
de fabriquer des poudres sèches en apparence,
mais qui contiennent une quantité
importante de liquide – jusqu’à 98 %.
Les produits sous forme de poudres offrent une
utilisation aisée, attractive pour les consommateurs
et avantageuse pour les industriels :
stabilité à température ambiante, transport
plus aisé, fabrication propre et sûre.

Quelles sont vos pistes de recherche ?
KS : Nous travaillons sur des utilisations
touchant des domaines très variés :
pharmacie, agro-alimentaire, nutraceutique,
matériaux ignifuges ou eutectiques.

Et concrètement ?
KS : Par exemple, on pourrait envisager
des murs anti-incendie à base de poudre
d’eau : au contact d’une flamme, l’eau se
libère sans attendre, ou en attendant une
intervention extérieure.
Des briquettes de
poudre d’eau, stables à température
ambiante, pourraient servir à transporter
des vaccins, ou autres produits fragiles.
Enfin, on pourrait utiliser la poudre d’eau
pour l’agriculture ; vous semez vos graines
en même temps que la poudre d’eau :
ce réservoir d’eau évite les arrosages
massifs !

Nos chercheurs inventent la batterie végétale

L’équipe d’ORGABAT, Université de Picardie Jules Verne
P. Poizot (enseignant chercheur au
Laboratoire de Réactivité et Chimie
des solides, responsable du projet),
F. Dolhem (enseignant-chercheur
au Laboratoire des glucides),
H. Chen (Doctorante)

Vous travaillez à la création d’une
batterie végétale. De quoi s’agit-il ?

Philippe Poizot : Nous voulons remplacer
les matériaux non-organiques équipant
les batteries actuelles des mobiles, des
ordinateurs portables, par des substances
organiques issues de végétaux, donc
moins polluantes.
Tous les ans, 7 milliards
de batteries utilisant des matières
premières épuisables sont commercialisées.
Raisonnons développement durable !

Où en sont vos recherches ?
PP : Une batterie est faite de deux
électrodes, positive et négative.
Nous avons mis au point l’électrode
positive à partir d’un acide extrait du jus
de macération du maïs.
Nous travaillons
actuellement sur l’électrode négative,
et orientons nos recherches vers un
matériau vert à haut potentiel.

Bientôt une commercialisation ?
PP : Ce marché offrira, à terme, de
véritables perspectives.
Nous ouvrons une
piste de réflexion encore peu explorée à ce
jour, et espérons créer une émulation dans
le monde scientifique, pour faire progresser
la recherche sur les batteries vertes.

Nos chercheurs réduisent le poids des trains grâce aux nouveaux matériaux

Jean-Louis Brugait, directeur du service recherche et développement chez Faivelay Transport-Amiens

Des trains plus légers… Comment ?
Jean-Louis Brugait : En réduisant
significativement la masse des unités
de freinage de nos trains.

Par quels procédés ?
JLB : Nous avons cherché à remplacer
les pièces conçues en acier par d’autres
en alliage léger, plus compactes, et tout
aussi fiables en terme de sécurité.
Les moyens de calculs et de simulation
actuels permettent d’optimiser à la fois la
conception, et les procédés de fabrication
par forgeage à chaud.
Ainsi, certaines
pièces du frein à disques peuvent être
allégées, et représentent un gain d’environ
10 kg par unité de freinage.
D’où le projet Light Brake C3.

Quels sont les enjeux de ce projet ?
JLB : Ce gain équivaut à presque 20 %
de poids en moins, par rapport aux unités
actuelles, et correspond à près d’une
tonne au total sur un TGV de 10 voitures :
des économies d’énergie appréciables !
Cet allégement offre également la
possibilité de transporter 14 passagers
supplémentaires par rame TGV :
un meilleur service pour l’usager !

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici