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Publié le 23 mai 2006
Musée Serge Ramond

Mémoire des murs

A la découverte d’un collectionneur de graffiti et de son musée de pierres gravées.

Voilà près de 40 ans que Serge Ramond collectionne les graffiti. De sa première découverte sur le mur de l’église de Senlis à son infatigable quête qu’il mène encore aujourd’hui, le musée éponyme rassemble 3 500 empruntes de graffiti. Visite.


Graffito provient de l’italien graffiare, griffer. Les graffitis sont des mots ou des dessins "griffés" dans un support tendre comme la pierre ou le bois. Sur les murs des châteaux, des églises ou des rochers, tous sont fortuits : ils sont gravés par des gens de passage ou des prisonniers. Qui n’a pas, d’ailleurs, laissé sa trace, sur un tronc d’arbre ou sur les murs d’une cheminée, le doux nom de son aimée ou ses simples initiales ? Il y a un homme qui s’est penché sur ces empreintes instinctives, morceaux de notre histoire.

C’est en 1969 que Serge Ramond pose ses yeux sur un graffito de l’église de Senlis (60). Il se rend alors compte du patrimoine exceptionnel gravé sur les édifices et décide de collectionner ces graffitis. Avec de la pâte à modeler et un maillet en caoutchouc, il recueille l’emprunte puis réalise un moulage en plâtre. Grâce à une patine de sa composition, Serge Ramond propose un moulage quasi identique à l’original.

Aujourd’hui, 3 500 empruntes sont réunis au musée Serge Ramond. Leur exposition est le résultat d’une quête que le collectionneur a inlassablement menée. En France comme en Angleterre et en Suède, il a parcouru - et parcourt encore - tours, citadelles, églises, cachots, caves, carrières. Plus qu’une exposition de graffiti, le musée est avant tout une visite intime à travers les âges. Du néolithique à la seconde guerre mondiale, les hommes, qu’ils soient princes, truands, poètes, ont laissé une partie de leur histoire que nous découvrons, un peu voyeurs, au fil de la flânerie.

Le musée compte 22 espaces sur 4 niveaux, et les moulages sont répartis chronologiquement et thématiquement. Au 1er étage, vous pourrez découvrir dans 4 salles les graffiti de Picardie, trouvés sur les murs d’églises, dans les châteaux et donjons. Deux pièces sont à ne pas manquer : la signature authentique de Victor Hugo recueillie à Septmonts (02), et, relevées à Clermont (60), des écritures de jeunes délinquantes dans les cachots.


 
 
 

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