23/10/2014

Ligne Paris-Beauvais : la Région cesse ses paiements

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Dans le cadre de la nouvelle convention d’exploitation, la Région a accepté la proposition de SNCF de faire évoluer les méthodes de contrôle sur la ligne Paris-Beauvais, tout en maintenant la qualité de service pour les usagers. Plus de trois mois après le démarrage de l’expérimentation, celle-ci est loin d’être au rendez-vous : des trains sont manquants aux heures de pointe, les retards restent fréquents, l’information voyageur n’est pas satisfaisante. C’est pourquoi Claude Gewerc a décidé de cesser de payer à la SNCF la partie de contribution d’exploitation correspondant à la ligne Paris-Beauvais, ce qui représente 1,3 millions d’euros sur les 15 payés chaque mois par la Région Picardie pour le TER.
Ligne Paris-Beauvais : la Région cesse ses paiements

Depuis le 6 juillet 2014, les méthodes de contrôle sur la ligne Paris-Beauvais ont évolué puisqu’il n’y a plus systématiquement un contrôleur dans chaque train. La mise en place de cette mesure a déclenché un mouvement de protestation des conducteurs de la ligne qui ont fait jouer leur droit de retrait. Le 8 août 2014, dans un courrier adressé à Guillaume Pepy, président de SNCF, Claude Gewerc a dénoncé cette situation et réclamé que toutes les mesures nécessaires soient prises rapidement afin que cette expérimentation se poursuive dans les meilleures conditions pour les voyageurs de la ligne. Grâce à cette intervention de la Région, la SNCF a augmenté le nombre de trains et la rentrée a pu se dérouler dans de meilleures conditions. La Région a également décidé d’indemniser les usagers touchés par le mouvement.

Cependant, deux mois après, la situation n’est toujours pas revenue à la normale. Si 33 trains sur 37 prévus circulent chaque jour, il manque deux trains à l’heure de pointe, à 7h13 vers Paris et 17h35 vers Beauvais, qui sont capitaux pour les usagers quotidiens de la ligne. L’information voyageurs reste insuffisante. Les trains comptent moins de places que la normale. Enfin, des problèmes techniques sans lien avec l’expérimentation sont venus noircir un peu plus le tableau ces dernières semaines.

La perturbations causées aux usagers doivent maintenant cesser et le service public de transports être enfin assuré. Chaque jour, plus de 6000 trains circulent sans accompagnement systématique par un contrôleur, dont plusieurs lignes TER similaires à Paris-Beauvais. Il n’y a donc aucune raison que ce qui fonctionne ailleurs ne fonctionne pas en Picardie. La Région a donc décidé de cesser de payer la circulation des trains sur Paris-Beauvais tant que le service ne reviendra pas à la normale. Cela représente 1,3 M€ sur les 15M€ versés chaque mois à la SNCF pour faire rouler les trains. Cette mesure prendra effet dès le 31 octobre.

Ligne Paris-Beauvais : une mesure expérimentale

La Région Picardie avait demandé que cette expérimentation ait lieu, dans les conditions prévues par la convention signée avec la SNCF, mais sans impact pour les usagers. L’expérimentation de nouvelles méthodes de contrôle sur la ligne Paris-Beauvais est prévue pour une durée de 18 mois. Elle a été proposée par la SNCF à la Région, dans le cadre de la convention signée en 2013. C’est au deuxième semestre 2015 que la Région choisira ou non de pérenniser cette organisation. Un rapport d’étape sera publié en janvier 2015.

Plusieurs raisons avaient amené la Région à accepter cette expérimentation :

Faire évoluer les méthodes de contrôle, pour plus d’efficacité dans la lutte contre la fraude
Sur une ligne qui connaît des fréquentations très fortes aux heures de pointe - plus de 1 000 usagers dans certains trains, avec des gares proches les unes des autres -, un contrôleur ne peut assurer seul efficacement les opérations de contrôle des titres de transport. Avec cette expérimentation, la vérification des billets se poursuivra principalement dans les trains, mais par des équipes de contrôleurs. En revanche, leur présence ne sera pas systématique à bord de chaque train. Tous les trains devront être contrôlés au moins une fois par semaine et davantage pour les trains les plus fréquentés.

Garantir la sûreté des usagers
La sûreté a nettement progressé depuis 2009 sur la ligne Paris-Beauvais, en raison du déploiement renforcé de la police ferroviaire à bord des trains. La Région a obtenu de la SNCF l’assurance qu’il n’y aurait aucun changement sur ce plan. Ainsi, les forces de police ferroviaire, les contrôleurs et des médiateurs seront présents dans plus de la moitié des trains.

Par ailleurs, le matériel roulant sur la ligne est adapté techniquement à cette expérimentation. Les trains, récents, sont tous équipés d’un système d’annonces sonores automatiques, de caméras au niveau des portes, et ont été conçus pour permettre de circuler sans contrôleur.

 

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