23/11/2015

Les grands défis de la ferme du futur

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En 2050, l’agroécologie nourrit sans difficulté près de 10 milliards de consommateurs en respectant l’environnement, le rythme des saisons et la qualité des aliments.
Les grands défis de la ferme du futur

Grâce au talent des agronomes, de nouvelles semences se développent, toujours moins consommatrices d’intrants et moins sensibles aux aléas climatiques. Dans les fermes picardes, on cultive massivement des produits à haute valeur ajoutée pour l’industrie rayonnante de la chimie du végétal.

Figure tutélaire de la productivité agricole, le tracteur a fait sa mue. Lui aussi ! À présent 100 % électrique, connecté et automatisé, il est le principal maillon des systèmes électroniques généralisés au sein des exploitations picardes. Sous la houlette de l’agriculteur, devenu énergiculteur et producteur d’électricité, c’est lui qui retourne la terre, optimise les quantités d’intrants, coordonne le travail des robots, des drones et des machines type moissonneuse-batteuse. C’est lui aussi qui envoie des informations en temps réel sur l’état de santé et le rendement des cultures, grâce à des capteurs ultraperfectionnés et des algorithmes de dernière génération.

L’avis de Christophe Buisset, président de la Chambre régionale d’agriculture de Picardie et céréalier à Aveluy

"Le tracteur de demain sera 100 % automatisé, connecté à l’exploitation et fonctionnera à l’électricité renouvelable. Il ne sera pas forcément plus imposant et puissant que celui d’aujourd’hui. Il possédera certainement des chenilles ou des roues plus larges pour éviter le tassement des sols peu propice au développement des cultures. Sous la supervision vigilante de l’agriculteur, le tracteur contrôlera l’activité des drones et des machines spécialisées de taille diverse. Grâce à des caméras embarquées munies de capteurs fi ables et performants, il pulvérisera la juste quantité d’engrais naturel et de produits phytosanitaires en fonction des besoins de chaque variété de plante.

Pour gérer son exploitation, l’agriculteur disposera d’une multitude d’informations en temps réel : état de santé, croissance de sa production végétale ou animale. Il pourra ainsi prédire le rendement en quantité et en qualité pour chaque zone géographique. Pour une traçabilité totale, par exemple, on pourra même connaître la parcelle dans laquelle les légumes d’une boîte de conserve ont été cultivés."

L’avis de Ghislain Gosse, président d’Agro-Transfert

"D’ici à 2050, l’agriculture picarde vivra de profondes mutations. Elle contribuera à assurer la sécurité alimentaire de près de 10 milliards d’individus dans le monde, en termes aussi bien de quantité que de qualité. Pour préserver l’équilibre des écosystèmes (sols et nappes phréatiques), les scientifiques auront créé des semences qui auront besoin pour se développer d’une quantité toujours moindre d’intrants, d’engrais chimiques et de pesticides. Dans le même temps, les cultures résisteront mieux aux aléas climatiques. Actuellement, la Picardie est largement exportatrice de produits agricoles primaires. Demain, elle cultivera des produits à haute valeur ajoutée pour l’industrie de la chimie du végétal.

Autre tendance, l’agriculteur picard sera ’énergiculteur’ selon la formule du scientifique Daniel Lincot. Il produira de l’électricité renouvelable pour les besoins de son exploitation mais aussi des zones urbaines ou industrielles à proximité. En Allemagne et au Danemark, de nombreux agriculteurs possèdent déjà des unités de méthanisation. Un concept qui sera certainement élargi à l’ensemble des exploitations en Picardie qui pourront aussi se doter d’éoliennes ou de capteurs photovoltaïques fi ables et performants."

L’avis de Thierry Chabrol, adjoint du responsable ingénierie d’AGCO

"Avec les drones, le ’big data’ – ou les données volumineuses – et les plateformes connectées, le tracteur constituera l’un des maillons de la révolution numérique. Mais je n’imagine pas que l’agriculteur veuille contrôler de son canapé l’activité de son tracteur et de ses autres machines. Il conservera une relation privilégiée avec la terre. Et continuera donc de visiter régulièrement ses cultures. Pour ces raisons, le tracteur devrait être autonome dans la plupart des tâches répétitives. Certes, la machine contiendra toujours plus de capteurs, de systèmes embarqués et d’électronique pour améliorer sans cesse la performance, le confort pour l’utilisateur et la précision des outils d’aide à la décision. Mais l’informatique s’effacera au profit d’une interface intuitive et simplifiée utilisable également par la famille ou l’entourage en cas de pics d’activité, comme au moment des récoltes.

En 2050, le tracteur sera capable d’intégrer, au lieu de les empiler, tous les nouveaux systèmes informatiques. D’où une amélioration constante de la productivité de l’exploitation. Les progrès techniques réalisés sur les tracteurs permettront à l’agriculteur de se focaliser sur l’essentiel : l’acte agronomique, source de valeur ajoutée. Dans tous les cas de figure, le tracteur restera un objet de fierté."

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  • Le 30 novembre 2015 à 14:43, par antoine En réponse à : Les grands défis de la ferme du futur

    Une vision du futur clairement orientée vers l’agriculture industrielle...
    Souhaitons nous vraiment créer des structures agricoles capitalistiques ? Qu’en est-il de l’agroécologie ? Ah pardon, l’agroécologie est cité dans le sous titre de l’article... D’ailleurs ce sous titre doit être issu d’un copier coller parce que ce que vous développez dessous n’a rien à voir avec.
    Est ce l’unique projet agricole porté par la région Picardie ?

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