17/12/2009

Le projet OLIVS

Les chercheurs de Picardie au secours de la vigne

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Rencontre avec Madame Anne Wadouachi, coordinatrice du projet OLIVS (développement d’une nouvelle génération d’oligosaccharides immunostimulants chez la vigne).
Le projet <span class="caps">OLIVS</span>

Quelle est le contexte du projet ?

En France, la vigne représente un chiffre d’affaire de l’ordre de 9 milliards d’euros pour près de 900 000 hectares. Le vignoble français produit annuellement près de 57 millions d’hectolitres, soit 20% de la production mondiale. L’enjeu économique est donc très important.
Cette culture est sujette à un certain nombre de maladies, parmi lesquelles les maladies fongiques (champignons) : pourriture grise (Botrytis cinerea), mildiou, oïdium pour ne citer que ceux-là. La lutte contre ces maladies est généralement effectuée par des produits phytosanitaires, les fongicides, nocifs pour l’environnement et les hommes. Leur utilisation intensive entraîne le développement de souches résistantes à ces produits et à la pollution des écosystèmes. Précisons d’ailleurs que la France en est le premier consommateur européen et que la vigne utilise 50% du tonnage national de fongicides alors qu’elle occupe entre 2 à 3% des surfaces agricoles.
La directive REACH (Enregistrement, Evaluation et Autorisation des substances Chimiques), adoptée par l’Europe et mise en vigueur en juin 2007, impose le contrôle de la fabrication, de l’importation, de la mise sur le marché et de l’utilisation des substances chimiques, dont font partie les produits phytosanitaires. De plus, le plan ECOPHYTO 2018, mis en place par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche suite au grenelle de l’Environnement, se donne l’objectif de réduire de 50% l’usage de phytosanitaires d’ici 2018. Dans ce contexte, il nous faut trouver une réponse alternative aux fongicides, à des coûts compétitifs et à l’échelle industrielle. Notre projet OLIV et son extension OLIVS s’inscrivent dans ce cadre.

Quels sont les objectifs et les applications du projet OLIVS ?

L’objectif du programme OLIVS est de mettre au point un traitement préventif de la vigne - appelons-le « vaccin végétal » - en stimulant les défenses naturelles de la plante par administration d’une substance nommée éliciteur, non toxique pour le consommateur, l’environnement et la plante. Les molécules que nous étudions sont des oligosaccharides, issues d’un polymère d’origine naturelle. Nous travaillons donc sur l’obtention de ces composés par biotechnologie en incluant des procédés propres et sûrs répondant au concept de la chimie verte. Ces composés éliciteurs qui permettent à la plante d’activer ses réactions naturelles de défense apparaissent donc comme une véritable alternative aux fongicides.

Aujourd’hui, OLIVS est en cours d’application sur les vignes. Demain, quelles autres cultures pourraient bénéficier de ce procédé ?

Les molécules développées dans le cadre de OLIVS sont actuellement testées sur la vigne mais il est évident qu’elles seront testées sur d’autres grandes cultures : par exemple les céréales.

Qui porte le projet et avec quels partenaires ?

Le Laboratoire des Glucides UMR CNRS 6219, à Amiens est porteur du projet. Nous sommes deux personnes dédiées : José Kovensky, directeur de l’Equipe OLIGO et moi-même, coordinatrice du projet. Nous travaillons en partenariat avec le Laboratoire des Polysaccharides Microbiens et Végétaux de l’UPJV, l’Unité de Recherche Vigne et Vins de Champagne Stress et Environnement de Reims et le laboratoire de Génie Chimique et Biochimique de l’Université Blaise Pascal à Clermont Ferrand, avec le soutien financier du Conseil régional de Picardie.

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici