1er/09/2015

Le grand défi de la métallurgie picarde

L’ambition : 10 000 recrutements d’ici 5 ans

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Malgré une santé de fer, la filière métallurgique et mécanique en Picardie est confrontée à un déficit d’image. Si vous cherchez un poste durable, qualifié et bien payé…
Le grand défi de la métallurgie picarde

"De la petite cuillère au nez de l’Airbus !" La boutade de Fabrice Grelier, délégué général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) en Picardie, résume bien la polyvalence des entreprises métallurgiques et mécaniques picardes et leur emprise dans l’économie régionale.

"Avec 30 % des exportations picardes, les 1 470 entreprises de la filière emploient 42 700 salariés, soit 42 % de l’emploi industriel et 11 % de l’emploi salarié. Loin devant l’agroalimentaire ! Sur les 15 entreprises picardes qui exportent le plus, 12 font partie de la métallurgie."

Parmi elles, deux porte-avions de l’économie régionale : Poclain Hydraulics, le spécialiste mondial de la transmission hydrostatique (Verberie), et le groupe Moret Industries (Saint- Quentin), spécialisé dans la fourniture de pompes hydrauliques. Deux firmes qui ont investi massivement dans l’innovation et la R & D, et qui exportent 80 % de leur production dans le monde. L’activité de Stelia Aerospace, qui produit les pointes avant des Airbus, est elle aussi largement exportée.

Compétences pointues et polyvalence

Mais le paysage industriel picard perdrait en solidité sans sa flottille de PME (90 % des entreprises). Plus discrètes, mais non moins performantes, elles résistent bien à la crise. Mais peinent à recruter. Tout comme les ETI (entreprises de taille intermédiaire). Plus de 700 postes ne trouveraient pas preneur. Un comble ! La raison : un déficit d’image. "Il y a un profond décalage entre la vision du grand public et la réalité de nos métiers. Aujourd’hui, le gars peu qualifié avec des copeaux plein la tête et la cisaille dans les mains, c’est fini !"

Désormais, on recherche surtout des techniciens et des ingénieurs aux compétences très pointues ou polyvalents en électricité, automatisme, mécanique et hydropneumatique. Plus de 2 000 recrutements par an durant 5 ans sont prévus. Et toutes les catégories sont concernées ! De l’usinage au décolletage, en passant par le pilotage d’unités et de lignes de production automatisées, ou la maintenance industrielle.

"L’informatique et l’automatisme s’insinuent partout. Et cela rend le travail d’autant moins pénible", assure Fabrice Grelier, persuadé que le niveau de technologie et de formation toujours plus élevé "redonnera enfin ses lettres de noblesse" à l’industrie. "Grâce à l’innovation et aux matériaux composites, un tiers de nos métiers reste à imaginer d’ici 20 ans."

Ripostes tous azimuts

Pour séduire les jeunes, la filière contre-attaque : portes ouvertes d’entreprises dans le cadre du Printemps de l’industrie organisé par la Région, missions locales sensibilisées, forum de l’alternance de Promeo, Pro-Pulsion Tour… et 2nde technologique. En partenariat avec le rectorat, 3 classes de 2nde technologique ouvriront en septembre à Amiens, Saint-Quentin et Senlis. 4 semaines de stages en entreprise, notamment, pour sensibiliser les jeunes à la chaudronnerie, l’usinage, l’électrotechnique, la maintenance, la production et la logistique.

À la clé, la garantie d’un emploi stable, qualifié et bien rémunéré : "10 % supérieur aux autres secteurs à qualification égale." "Si les jeunes font preuve de curiosité, d’implication et d’un vif intérêt pour la technique et la création, l’industrie leur ouvrira les bras avec plaisir", estime Victor Henry, ingénieur méthode à CMC (Barbery). Le jeune homme sait de quoi il parle. Il a été embauché en CDI en septembre, après 3 années en apprentissage.

"J’aime ce que je fais. Mon métier est un bon compromis entre la théorie et la pratique. Je suis en quelque sorte un facilitateur pour les opérateurs de machine et mets tout en œuvre pour améliorer et faciliter leur travail, dans l’organisation des systèmes de production."

Alice Bouly, pièce maitresse des réseaux informatiques

Elle est un peu le grand manitou de l’informatique industrielle de son entreprise. La pièce maîtresse ! À 27 ans, Alice Bouly travaille depuis un an et demi pour EJ Picardie, le numéro un mondial pour la conception de produits de voirie en fonte, basé à Saint- Crépin-Ibouvillers. Son poste : chef de projet en systèmes d’information industriels. Un métier varié et passionnant. Sa mission : "Concevoir des logiciels qui permettent la consultation des données récoltées par les automates reliés aux machines. Et assurer la maintenance, l’évolution du matériel informatique industriel, des bases de données et du réseau de production", résume cette diplômée de l’Institut des techniques d’ingénieur de l’industrie (ITII) de Beauvais depuis septembre 2013.

Références des pièces, production journalière, numéros d’ordre de fabrication…, rien ou presque n’échappe à Alice Bouly. "En cas de problème sur la ligne de production, je dois transmettre rapidement les bonnes données chiffrées à la maintenance", souligne la jeune femme, chargée en plus de sécuriser le réseau informatique industriel de l’usine. Virus, passez votre chemin !

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