10/09/2014

Le Volontariat international en entreprise

Une formule gagnante pour les entreprises et les jeunes

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Entreprises - les grandes comme les petites - et jeunes ont tout à gagner à signer un contrat de Volontariat international en entreprise (V.I.E.). C’est une aubaine pour booster la stratégie à l’international et un curriculum vitae. Un effet "2 en 1" soutenu par la Région. La preuve avec l’exemple de Biolabo.
Le Volontariat international en entreprise

Un dispositif très efficace

Le constat dressé en juillet 2014 par Ubifrance est sans appel : "avec un taux d’embauche de 97 % en fin de mission, le V.I.E.(Volontariat international en entreprise) s’affirme comme un levier d’insertion des jeunes sur le marché du travail."

La réputation de ce dispositif n’est plus à faire dans le monde estudiantin, tout particulièrement auprès des écoles d’ingénieurs et de commerce. Les grandes entreprises aussi sont parfaitement informées des bienfaits de la formule.

Dans l’ordre d’utilisation au plan national, les secteurs qui ont recours au V.I.E. :

  • les banques - avec une concentration de sièges sociaux en Île-de-France
  • les constructeurs automobiles
  • l’industrie pharmaceutique

"Aux côtés de la Région et des partenaires de l’export, nous nous efforçons de démocratiser le V.I.E. et de le faire adopter par les petites et moyennes entreprises, voire les très petites entreprises", explique François Floutier, délégué régional d’Ubifrance en Picardie. "Diligenter un jeune à l’étranger pour prospecter, asseoir un développement commercial, peut être intéressant pour toutes les sociétés, quelle que soit leur taille, quel que soit leur secteur d’activité."

En progression dans nos territoires

Pas moins de 8 787 V.I.E. sont actuellement répartis dans le monde entier. Et la Picardie se situe en milieu de tableau des régions françaises, avec 53 contrats en cours, à quasi-égalité avec la Bourgogne et le Languedoc-Roussillon. Un chiffre en constante progression depuis plusieurs années.

"La région a gagné trois ou quatre places", commente encore François Floutier. À contre-courant de la photo prise au niveau national, les entreprises au chiffre d’affaires inférieur à 50 M€ sont les plus dynamiques en la matière sur nos territoires. Et tout particulièrement dans les secteurs de l’équipement industriel et de l’industrie mécanique, des points forts régionaux. Mais la marge de progression existe.

"L’excuse ne peut être financière", note François Floutier. "Avec un coût moyen au départ de 2 500 € brut par mois, les indemnités du jeune en mission, via le V.I.E., sont prises en charge par la Région, à hauteur de 50 %. Et c’est sans compter sur le cumul possible des crédits d’impôts export, et l’intervention de la Coface. Résultat : ce qui reste à supporter par l’entreprise reste minime."

Un "booster" de chiffre d’affaires…

Le V.I.E. ? Une aubaine déjà saisie par Jean-François Charpentier, à la tête de Biolabo. Spécialisée dans les réactifs et analyses pour la biologie médicale,avec une stratégie de développement sur le continent africain (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Ghana, Cameroun, Congo…) dans le champ de la santé publique, cette entreprise axonaise connaît une vraie expansion depuis l’arrivée, comme V.I.E., de Damien Gauvry, tout frais émoulu d’un master professionnel génie physiologique, biotechnologique et informatique.

"Le chiffre d’affaires a triplé", explique le chef d’entreprise heureux. "Et les effectifs totaux ont bondi de 12 à 36 salariés. Avoir un collaborateur sur le terrain, à 100 %, qui s’investit quotidiennement auprès de nos clients, leur prodigue des conseils sur la meilleure utilisation des produits…, constitue un atout indéniable. Aujourd’hui, plus de 90 % de notre chiffre d’affaires est réalisé à l’export. En terme de productivité interne, le recours à un V.I.E. a également été bénéfique. Faire venir un bac + 5 dans nos murs pousse tout le monde à se bonifier", commente encore Jean-François Charpentier, autodidacte tout comme son père, fondateur de l’entreprise. "Ça génère un effet d’entraînement."


… et de CV !

Les retours sont tout aussi positifs auprès des V.I.E. eux-mêmes. Si Damien Gauvry a ouvert la voie au sein de Biolabo, d’autres ont suivi. Leslie Miditouka, diplômée de Supbiotech, une école en biotechnologie, est la 4e. "Tous les patrons ne donnent pas une chance aux jeunes diplômés", déplore-t-elle.

Damien Gauvry ne regrette en rien d’avoir refusé un contrat à durée indéterminée (CDI) qui lui était, par ailleurs, proposé. "De durée limitée, le V.I.E. s’étale au maximum sur 24 mois", détaille Damien Gauvry. "Il y avait une part de risque. Mais ce contrat donne accès à plus de responsabilités d’entrée de jeu (faire un état des lieux, voir les distributeurs de la région, les accompagner, épauler les laboratoires…). Beaucoup de mes copains de promo sont partis dans l’informatique pour des premiers salaires élevés. Aujourd’hui, ils sont déçus, avec des évolutions qui ne se sont pas déroulées comme annoncées."

Damien Gauvry, lui, est responsable du service support pour Biolabo, "coach" des V.I.E. ! Il a 32 ans. Une formule enrichissante à tous les points de vue, donc. "C’était un pari", conclut Jean-François Charpentier. "Cet investissement immatériel n’aurait pas été possible sans l’aide fi nancière accordée par la Région en 2008 (21 000 €). Malheureusement, beaucoup trop de PME voire TPE l’ignorent. Or, il y a un vrai effet de levier à en retirer."

Damien Gauvry et Biolabo

Les modalités du V.I.E.

  • Avoir un candidat de moins de 28 ans
  • un contrat de 6 à 24 mois, renouvelable une fois dans la limite de cette durée
  • des indemnités variables selon la mission et le pays d’accueil (niveau de vie pris en compte). Le profil du jeune diplômé de haut vol ou titulaire d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) n’entre pas en ligne de compte.

INFORMATIONS PRATIQUES

Pour tout savoir sur le V.I.E.

www.ubifrance.fr

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  • Le 14 octobre 2015 à 01:47, par J-F Gueroult En réponse à : Le Volontariat international en entreprise

    La PIcardie en tête de palmarès VIE dans notre Nouvelle Région

    Ci-joint un article de la GAZETTE du Nord-Pas de Calais relatant la remise du grand prix VIE Nord-Pas de Calais-Picardie 2015 a un jeune amiénois,Thibaut GUEROULT, a l’occasion du salon CRÉER à Lille le 14 septembre 2015
    http://www.gazettenpdc.fr/archives/56078.

    Chapeau bas au Picard !

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