4/11/2014

La betterave peut-elle sauver des vies ?

Question soulevée par Lætitia Nowacki

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Les plaines picardes regorgent de ce qui sauvera des vies peut-être dans 10 ans : la betterave. C’est le challenge de Lætitia Nowacki, jeune chercheuse à l’Université de technologie de Compiègne.
La betterave peut-elle sauver des vies<small class="fine"> </small>?

Formée à la recherche par la recherche

Que l’on parle de betterave en Picardie n’a rien de bien surprenant, mais le projet de thèse de Lætitia Nowacki est pour le moins novateur. Cette jeune chercheuse de 29 ans planche depuis 3 ans sur les propriétés anticancéreuses du bulbe emblématique de notre région.

Pharmacienne de formation, elle est chercheuse. Enfin presque. "Durant notre thèse, dire que l’on fait de la recherche est impropre", tient-elle à souligner. "On devrait davantage parler de formation à la recherche par la recherche. Surtout en 1re année, où l’on s’imprègne des publications pouvant exister sur le sujet choisi, ou les techniques qui seront mises en place pour les mois à venir. En 2e année, on commence à maîtriser. C’est l’heure des questions, avec des Post-it placés devant soi : à tester !"

Avoir les pigments dans la peau

Le point de départ du travail de Lætitia ? L’extraction des pigments de la betterave – de la famille des chénopodiacées, en termes scientifiques - pour les tester sur les cellules cancéreuses, de sein, de peau ou de colon...

"La concentration maximale de pigments se trouve dans la peau de la betterave", explique-t-elle. 2 solutions donc ? En manger du matin au soir. Ou – et c’est le scénario qui est envisagé – valoriser les épluchures en tant que coproduit des entreprises agroalimentaires… Une manipulation génère au minimum un jour et demi d’interprétations. Mais le résultat n’est pas immédiat.

"J’ai des lignées de cellules qui demandent pas moins de 3 semaines pour être en quantité suffisante et permettre les tests. Et puis, il y a des périodes au cours desquelles les manipulations n’aboutissent pas. Alors quand ça marche, on le fête !"

Chercheuse junior, elle voit son travail déjà apprécié. 2 congrès à Montréal et en Grèce pour exposer, devant de nombreux auditeurs, les résultats de ses expérimentations sur cellules et sur membranes biomimétiques. Pourtant, elle a conscience "d’être au tout début d’un processus. Il faudra attendre 10 ans pour la première application".

Une bifurcation est toujours possible

Extractions, tests sur les cellules cancéreuses et études sur membranes biomimétiques sont les maîtres mots de sa thèse qui pèse lourd ! Et pour cause, celle-ci compte 300 pages. "Écrire est l’étape la plus dure", commente Lætitia. "C’est parfois très laborieux !"

Mais, la thèse à peine déposée, et pas encore soutenue, Lætitia se projette déjà au-delà. La jeune femme ne craint pas de bifurquer une nouvelle fois. Ce qui l’attire ? La phytocosmétique et la nutraceutique "où l’enjeu n’est pas aussi grave que pour le cancer. La recherche est dense et très fournie en la matière. Régulièrement, de nouvelles recettes voient le jour."

Ah ! On ne vous a pas dit : Lætitia est fille de restaurateurs. Ceci explique peut-être cela !

La Région soutient

Le projet de thèse de Lætitia Nowacki fait partie du projet BetOX, projet financé par la Région et le Fonds européen de développement régional. Il est encadré par 2 chercheuses de l’UTC, Claire Rossi, porteuse du projet, et Muriel Vayssade.

LOCALISATION

 

A VOIR AUSSI

 

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici