4/05/2015

La nouvelle région, une championne aux grandes opportunités

Vers la première région agricole de France

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Première région agricole pour de nombreuses productions végétales, avec des industries agroalimentaires puissantes, la future région Nord-Pas de Calais - Picardie dispose de solides atouts pour développer ses filières.
La nouvelle région, une championne aux grandes opportunités

Attention, un poids lourd de l’agriculture et de ses filières est né. La réunion des deux régions Nord-Pas de Calais et Picardie a créé un champion des productions végétales ! Les agriculteurs de cette grande région assurent la moitié de la production nationale de sucre, avec leurs betteraves. Ils cultivent près des trois quarts des pommes de terre de consommation et deux tiers des pommes de terre fécule destinées à l’industrie.

Les agriculteurs produisent aussi 97 % de l’endive, la perle blanche, et 87 % des choux de Bruxelles, des légumes à l’identité nordique bien marquée. Et ce n’est pas fini. La grande région occupe la première place en légumes de conserve, pour les petits pois, haricots verts, oignons blancs ou salsifis. Elle se situe encore en haut du podium pour le blé et les pois protéagineux, avec 20 % de la production nationale. En lin textile, elle pèse plus de 35 %. Et ce alors même qu’elle n’atteint que la huitième place en superficie sur les treize nouvelles régions françaises.

"Nos deux régions ont de fortes similitudes, avec un climat clément, des sols fertiles, des agriculteurs très bien formés et un potentiel de production élevé", constate Jean-Bernard Bayard, le président de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. "Nous produisons absolument de tout, à part du vin. Encore que, dans le bas de l’Aisne, le champagne soit excellent."

Si l’élevage demeure moins prépondérant, la grande région truste la 4e ou 5e place pour le lait, les œufs, les poulets de chair, le lapin ou le porc. Et 1 exploitation agricole sur 2 élève des animaux.

L’agroéconomie, premier employeur

"Quant aux industries agroalimentaires (IAA), elles n’ont pas attendu le nouveau découpage administratif pour travailler sur les deux régions, comme les sucreries Tereos ou Saint Louis Sucre, les amidonneries Syral et Roquette, le transformateur de légumes Bonduelle ou la laiterie Sodiaal", précise Christophe Buisset, président de la Chambre d’agriculture de Picardie. "Le mariage avec le Nord-Pas de Calais renforce notre poids en agroalimentaire. Les IAA nordistes emploient deux fois plus de salariés que les IAA picardes. Elles sont même le premier employeur de la région Nord avec 28 000 salariés."

Au total, l’agriculture et ses filières (hors assurance et transport) emploient plus de 130 000 personnes sur les deux régions. "Mais nous pouvons encore mieux faire", insiste Jean-Bernard Bayard. "Beaucoup de matières premières agricoles de la grande région sont exportées brutes en Belgique pour y être transformées, comme les pommes de terre, les légumes, la viande. Nous devons redévelopper ces filières intelligemment sur notre territoire et gagner de la valeur ajoutée. Sur ce point, nous devons travailler en réseau avec les Chambres de commerce et d’industrie, et avoir une vision de filière, de la production à la transformation et commercialisation."

Le plus grand bassin de consommation d’Europe

Pour les débouchés, la grande région a un atout incroyable. 80 millions de consommateurs habitent à moins de 300 km, soit le plus grand bassin de consommation d’Europe, qui intègre Londres, Paris et Bruxelles. De plus, cette zone possède le plus fort pouvoir d’achat à l’échelle planétaire.

Le Nord-Pas de Calais développe déjà, vu sa densité de population 3 fois plus élevée qu’en Picardie, beaucoup de vente directe. Cette situation géographique, complétée d’une façade maritime, de la traversée par le futur canal Seine-Nord-Europe et d’infrastructures de transport de qualité, constitue des avantages uniques.

Renforcer les outils de recherche et développement picards existants

Autre point fort régional, la chimie du végétal. Sur ce secteur, la Picardie dispose de sacrés atouts avec son pôle de compétitivité Industries & agroressources, IAR. "Pour nous, c’est une chance de pouvoir s’y associer et de renforcer ce pôle", ajoute le président de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais. Avec le CVG, Centre de valorisation des glucides, Improve qui travaille sur les protéines et P.I.V.E.R.T. sur les oléagineux, la Picardie a une longueur d’avance dans le domaine de la valorisation des molécules issues de l’agriculture. Une aubaine pour l’ère post-pétrole. L’habitude acquise en Picardie de travailler en réseau sera un plus pour la future grande région.

"Nous avons dans les deux régions des grandes écoles et des universités qui travaillent sur les problématiques agricoles et plus largement sur l’agroéconomie. Les liens tissés avec les entreprises locales et la recherche sont des leviers importants pour le développement", assure Christophe Buisset.

Ainsi, la chaire d’agromachinisme créée par l’Institut polytechnique LaSalle- Beauvais ne peut qu’être favorable au développement du machinisme agricole. Elle favorise l’intégration des nouvelles technologies. Si Agco (Massey Ferguson) et Gima sont le premier employeur privé de Picardie, le Nord-Pas de Calais se targue aussi de fleurons du machinisme agricole. Ce triptyque recherche-développement-entreprises est déjà décliné pour l’agriculture.

La Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais a rejoint Agro-transfert Ressources et Territoires, une structure picarde faisant le lien entre la recherche et son application par les agriculteurs. Elle travaille notamment sur des projets liés à la fertilité physique des sols face à l’utilisation d’engins de plus en plus lourds. Elle étudie aussi les freins au maintien et au développement de l’élevage, l’amélioration de la performance en agriculture biologique et l’établissement de diagnostics agroenvironnementaux.

Gagner la bataille de l’agroéconomie

"Réunir nos deux régions dans un ensemble plus grand que la Belgique a du sens. Nous pourrons encore mieux développer l’agroéconomie et ses emplois", appuie Christophe Buisset. "L’objectif est bien d’inverser la tendance, dans une France passée du deuxième rang d’exportateur mondial des produits agricoles et agroalimentaires depuis 1995 au cinquième rang, derrière les Pays-Bas et l’Allemagne. Un défi où notre grande région peut jouer un rôle important."

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  • Le 13 mai 2015 à 15:25, par Jean-Jacques SIMON En réponse à : La nouvelle région, une championne aux grandes opportunités

    L’arrière pensée de l’Etat avec cette réforme territoriale (en attendant les prochaines, à savoir disparition des départements, puis fusion des communes et mises en avant des communautés de communes -élargies dans les secteurs ruraux- et des communutés d’agglomération -également élargies par absorption de certaines communautés rurales- et des métropoles) sera de réorganiser ses services : fusion des services régionnaux ensemble et à terme avec d’anciens services départementaux, en particulier des préfectures et sous-préfectures.
    En ce qui concerne l’Aisne, dont certains territoires ont déjà montré leur tentation centrifuge vers Reims, la seule sous-préfecture régionale, négociée entre l’Etat et le Président régional, ne risque-t-elle pas d’être Saint-Quentin ?

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