23/11/2015

La Picardie, royaume de la chimie du végétal

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Les nouveaux rois du pétrole habitent en Picardie. L’or noir est devenu vert.
La Picardie, royaume de la chimie du végétal

En 2050, le territoire concentre une kyrielle d’unités de bioraffineries de tailles diverses qui transforment la production agricole locale en produits dérivés à haute valeur ajoutée. En 2050, le végétal a envahi notre quotidien : dans le bitume des routes, les sacs-poubelle, les détergents, les bouteilles et emballages plastique, les tuyaux, les gaines électriques, les véhicules automobiles, le revêtement des poêles, l’ameublement, les jouets, les matériaux de construction, l’électroménager, les bagages, les vêtements, les cosmétiques, les médicaments, le matériel médical… Bienvenue dans l’ère du carbone renouvelable !

L’avis de Gilles Ravot, directeur général de la SAS P.I.V.E.R.T.

"Actuellement, le végétal représente 8 % du carbone utilisé dans l’industrie chimique. D’ici à 2020, les prévisions tablent sur 16 %, en 2050 nous aurons probablement fait un bond. La tendance est lourde et durable. On ne reviendra pas en arrière. Compte tenu du contexte environnemental et démographique, avec une population mondiale toujours plus nombreuse, le carbone renouvelable est appelé à remplacer une part de plus en plus significative du pétrole ou carbone fossile en cours de raréfaction. Et ce dans tous les domaines de la vie quotidienne comme le transport, l’habitat, l’habillement ou l’automobile. Dans combien de temps ? Nous l’ignorons encore. Cela dépendra de notre faculté à mettre sur le marché des produits biosourcés tout aussi fi ables, performants et compétitifs en termes de prix que les produits traditionnels à base de pétrole.

L’économie verte est source de croissance et d’emplois. Cet intérêt stratégique, les pouvoirs publics l’ont bien compris. La Picardie a la chance d’avoir de vastes surfaces agricoles avec des rendements parmi les meilleurs au monde. Notre région doit donc capitaliser sur ses atouts. Cela passe par la création de vastes bioraffineries dans les ports pour transformer des productions végétales non produites en France comme la canne à sucre ou l’huile de palme. Mais surtout par le maillage du territoire de petites unités à plus haute valeur ajoutée pour assurer les débouchés d’une production agricole locale diversifiée à vocation alimentaire et non alimentaire. Avantages indéniables : créer des emplois non délocalisables, limiter les coûts de transport et les émissions de gaz à effet de serre.

Ce maillage du territoire par les bioraffineries pourrait se fondre dans une économie circulaire dans laquelle tous les déchets ou coproduits d’une entreprise servent de matières premières pour une autre. Imaginons, par exemple, que les déchets ménagers ne soient plus incinérés mais transformés en emballages ; qu’une exploitation agricole transforme son lisier en électricité via une unité de méthanisation. La Picardie doit défendre ce modèle et l’exporter vers d’autres régions françaises."

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