7/04/2015

L’éclosion des Fab Labs picards

Des ateliers high-tech pour inventeurs de tout poil

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Originaires des États-Unis, les Fab Labs déferlent en France, notamment en Picardie où la Région soutient plusieurs initiatives. Un coup de pouce pour l’innovation et le partage de connaissances.
L'éclosion des Fab Labs picards

Le pari est lancé ! De nombreuses inventions ne naîtront plus dans un garage, mais dans un Fab Lab ! Une nouvelle révolution industrielle serait-elle en marche ? Oui, répondent en chœur les responsables des Fab Labs picards, ces ateliers numériques dernier cri qui permettent aux créateurs et autres inventeurs de confectionner ensemble un nombre incalculable de produits : des objets connectés ou décoratifs, des outils de remplacement comme des prothèses…

Imaginé à la fin des années 1990 au MIT de Boston, le concept a essaimé dans le monde entier. Et depuis quelques années en Picardie. "Nous avons tous eu dans notre vie une idée, un prototype à réaliser, une invention à tester dans le but éventuellement de la commercialiser", note Adrien Bracq, le Fab Manager de La Machinerie à Amiens - premier Fab Lab picard créé en 2012 - et professeur d’automatisme. "De l’idée à la réalisation, il n’y a qu’un pas que le Fab Lab peut vous aider à franchir très rapidement."

"Makers" en action

Imprimantes 3D, découpeuses laser de précision, fraiseuses numériques, conception assistée par ordinateur (CAO)…, ce matériel coûteux se retrouve désormais dans l’escarcelle des Fab Labs. Ces "nouveaux bidouilleurs" ou "makers" comme ils se qualifient, ces adeptes du "do it yourself", impriment en un tour de main des objets en matières plastiques ou naturelles, des résines et même des alliages métalliques.

Au Fab Lab d’Amiens, un "maker" planche sur un robot humain en taille réelle. Un autre travaille sur un projet de minidrones d’intérieur pilotés par ordinateur pour des prestations artistiques. Et son Fab Manager prépare activement la prochaine Coupe de France de robotique ! Citons encore un artiste qui a scanné un vrai mannequin en 3D pour des animations visuelles.

Inauguré en février 2015, le Fab Lab de Château-Thierry monte peu à peu en puissance. Ici, on planche sur des drones d’hélicoptères, un prototype de robot de déneigement ou un compte-tour réalisé à partir du circuit électrique d’une imprimante. Le "maker" devient "hacker" et recycle du matériel en le détournant de son utilisation première. Quand la technologie rencontre l’histoire : c’est le projet du trésorier de l’association du Fab Lab de Château-Thierry. Passionné par les armures médiévales, Antoine Selosse travaille sur une machine clous spéciaux ornés d’une tête travaillée sur un motif floral ou étoilé. Gain de temps et d’effort assuré pour un résultat optimal.

Il y a dans le mouvement des Fab Labs une vision ouverte qui prône le "coworking" ou travail partagé, le logiciel et le matériel libres. Et le partage des connaissances ! "Par exemple, si demain je crée un repose-tasse à café intelligent, après-demain mon produit peut être amélioré par un autre Fab Lab grâce au partage des fichiers numériques. Et ainsi de suite !", salue Adrien Bracq qui précise que l’inventeur gardera toujours in fine la possibilité de conserver ses fichiers.

Réconcilier les jeunes avec l’industrie

Espaces de création collaborative, les Fab Labs qui suivent la charte du MIT proposent des sessions de formation ouvertes aux jeunes notamment. "De façon ludique, on leur explique les bases de l’intelligence artificielle. On les initie à la programmation des Arduino, ces petits microcontrôleurs peu onéreux qui pilotent, par exemple, les fermetures de vannes ou de pompes", explique Antoine Selosse. Directeur d’une forge à Crézancy qui peine à recruter, il est persuadé que les Fab Labs peuvent réconcilier les jeunes avec l’industrie. "L’industrie aujourd’hui, c’est de la haute technologie, des savoir-faire toujours plus pointus et des débouchés professionnels. C’est très valorisant."

Dans leur quête d’ouverture, les Fab Labs accueillent aussi les entreprises. "Si les entreprises veulent continuer à développer, elles doivent miser sur l’innovation et la valeur ajoutée, les deux moteurs de l’activité", insiste Baptiste Selhum, président du Fab Lab de Soissons, dont l’ouverture est prévue en avril. "En s’affranchissant des contraintes industrielles, la technologie numérique réduit sensiblement les cycles d’innovation tout en améliorant la précision et la qualité", ajoute cet ancien responsable du bureau d’études de Triangle Industries, la "Rolls" de la hi-fi.

Vous avez dit Living Lab ?

Dans l’univers des Fab Labs, certains s’adressent uniquement aux entreprises, étudiants et autres start-up. C’est le cas du Living Lab de Saint-Quentin. Implanté depuis fin 2014 dans le quartier Faubourg d’Isle, cette bulle d’incubation technologique s’est spécialisée dans les objets et services connectés. "Nous avons les compétences en mécanique numérique, systèmes embarqués, cloud computing et logistique pour accompagner, valoriser et tester très rapidement la pertinence d’un projet sans étude de marché préalable", résume Pierre Lecointre, président de l’association Faubourg Numérique qui chapeaute le Living Lab.

D’ores et déjà, la structure accompagne une demi-douzaine de projets dont un sur les ruches connectées qui a déjà donné naissance en mars à une start-up. "Grâce à des capteurs et à une plateforme Internet, l’apiculteur sera désormais capable d’optimiser à distance la gestion de sa ruche", explique Pierre Lecointre qui voit l’émergence d’un nouveau modèle économique. Et à la clé de nouveaux métiers ! Activité millénaire, l’apiculture fait elle aussi sa révolution.

LOCALISATION

 

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A Soissons, Saint-Quentin (02), Amiens (80), Liancourt (60)...
 
 
 

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