Avec un titre olympique en 2000 au Jeux de Sydney, cinq titres de champions du monde et trois de champion d’Europe, un chapelet de places d’honneur sur le podium, une kyrielle de titres de champion de France dès les cadets, Jean-Christophe Bette, licencié au Sport nautique compiégnois (SNC), est assurément le rameur français le plus titré.
« C’est le plus beau palmarès, il n’y a pas photo, s’émerveille toujours Philippe Bonet, ancien président du SNC. Et ce que je retiens aujourd’hui de Jean-Christophe, c’est que dans son comportement humain, ce palmarès ne l’a pas changé. Il est resté tel que je l’ai connu cadet. A l’écoute de ses entraîneurs, attentifs à ses coéquipiers du club, disponible pour les jeunes. Il est sérieux et humble, humainement c’est un garçon bien. »
Né le 3 décembre 1977 à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines où ses parents, originaires de la Somme pour son père, de l’Oise pour sa mère, se sont installés pour raisons professionnelles, il découvre Compiègne et la Picardie en 1989 lorsque ceux-ci reviennent au pays. Comme nombre de gamins de son âge, Jean-Christophe Bette aurait pu choisir le football ou le judo. Lui a choisi l’aviron et signe sa première licence minime au SNC.
« Par curiosité, dit-il. Pour le plaisir d’être sur l’eau, sur l’Oise. Au début j’ai testé différents bateaux et équipages, en 2, 4 et 8. Et puis il y avait quelques copains de classe et l’ambiance du club était bonne. » Et en dépit de son éloignement depuis 1996, année où il intègre le pôle France de Lyon pour travailler à devenir un sportif de haut niveau, il est resté fidèle à son club de cœur, retrouve ses amis au club-house du cours Guynemer lorsqu’il retourne dans sa famille et participe chaque mois de janvier à l’assemblée générale du SNC.
En 1991, l’apprenti rameur donne ses premiers coups de pelle dans une compétition importante : le championnat de France à Mâcon « C’était en minime, en quatre avec barreur. Mais je ne me souviens plus du résultat qui ne devait pas être exceptionnel. »
Son premier titre de champion de France, il le décroche en 1993, en cadet, à Tours en quatre de pointe avec barreur. Junior, il conquiert sur la même embarcation avec ses copains du SNC un deuxième titre national à Macon en 1994 et récidive en 1995 à Vichy, toujours en quatre de pointe avec barreur. Trois titres remportés par un groupe uni sous la houlette de son entraîneur Olivier Maciborko.
Jean-Christophe Bette gagnera ses victoires en club chez les seniors avec un nouvel entraîneur Christophe Delcourt. Robert Servel, le conseiller technique régional de l’époque, y mettra du sien en soutenant le projet sportif de Philippe Bonet qui trouvera sa consécration en août 2000 aux Jeux olympiques de Sydney en Australie.
A cette époque, le rameur compiégnois est sociétaire du pôle France de Lyon où il mène de pair son activité sportive et ses études en génie mécanique. En 1998, il est appelé en équipe de France qu’il n’a plus quittée depuis, et étrenne à Cologne sa première médaille de champion du monde en deux de pointe sans barreur. Deux ans plus tard, il monte sur la plus haute marche du podium des JO avec ses camarades du quatre de pointe sans barreur poids léger. « Une médaille est vraiment ce que cherche tout rameur lorsqu’il va aux Jeux olympiques. Et cette médaille pour moi était en or. Et dire que durant la saison, je ne figurais pas dans le 4, et que je dois ma sélection à la blessure d’un rameur », rappelle-t-il en toute simplicité.
Et s’il n’est que troisième l’année suivante aux championnats du monde à Lucerne avec le même bateau et les mêmes coéquipiers, le rameur compiégnois se rattrape avec les médaillés en or de Sydney en gagnant le titre en huit de pointe avec barreur léger.
Le quatre de pointe sans barreur n’est pas qualifié pour Athènes en 2004 mais refait surface en 2008 pour les olympiades de Pékin. Las, Jean-Christophe termine à la plus mauvaise place, quatrième, en bas du podium qui le prive du bronze olympique. En dépit de ces deux olympiades l’une manquée, l’autre ratée, il se rattrape par la conquête de plusieurs titres mondiaux dont deux en deux de pointe sans barreur léger à Poznan en Pologne en 2009 et à Karapiro en Nouvelle-Zélande en 2010.
Fort de ce palmarès éloquent, chevalier de la Légion d’honneur depuis son retour victorieux de Sydney, embauché par EDF en 2001 comme technicien à la centrale nucléaire de Bugey dans l’Ain où il est préparateur chargé d’affaires en robinetterie, Jean-Christophe Bette aurait pu choisir de rester à quai. Mais le champion et compétiteur qu’il est ne peut se résoudre à prendre sa retraite sportive. A presque 34 ans, il rêve d’un nouveau défi : aller aux Jeux Olympiques de Londres en 2012 et décrocher onze après son premier sacre une autre médaille. En or…
Il s’est engagé dans la préparation olympique pour le quatre de pointe sans barreur. « La coque est qualifiée, explique Jean-Christophe Bette. Cela veut dire qu’il y aura un bateau à Londres. Mais pour l’instant on ne connaît pas l’équipage. » Les huit rameurs se départageront pour les quatre places en avril 2012 à Cazaubon dans le Gers aux championnats de France en bateaux courts. « La remise en question est annuelle pour demeurer en équipe de France. On beau avoir été champion olympique ou du monde, la place n’est jamais acquise en sélection. Il n’y a aucun passe-droit. Seule compte la performance sportive », conclut le rameur compiégnois.
Vos commentaires
# Jerome p. Le 8 avril à 23:16
De bons souvenirs de ces 3 titres de champion de France en cadet et junior !
Un "copain du groupe uni" toujours aussi attentif à la vie du SNC et de ses membres.