14/11/2014

Industrilab en précurseur de l’Usine du futur

Visite d’Emmanuel Macron le 14 novembre

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Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, est en visite aujourd’hui, à Méaulte, sur le site d’Industrilab et participe à une table ronde sur l’Usine du futur. Il s’agit d’une démarche collaborative, associant groupes et PME et s’appuyant sur un partenariat solide public privé dans le domaine de la recherche, de l’innovation, de la formation comme dans l’accompagnement de projets. A l’image d’IndustriLab…
Industrilab en précurseur de l'Usine du futur

Si l’Usine du futur se traduit par des lieux, elle est avant tout une démarche de coopération des industriels entre eux, mais aussi avec les laboratoires de recherche, centres techniques et outils de formation. C’est « l’usine des projets collaboratifs ». C’est de « coworking » industriel dont il s’agit, le cœur de cible est le re-développement industriel.

Un centre ouvert à toutes les filières industrielles

Le site de Méaulte en est la parfaite illustration puisqu’à l’origine la demande de création d’une plate-forme technologique et d’un lieu de formation émane d’Airbus pour son usage exclusif. C’est à l’initiative de la Région qu’IndustriLab prend la configuration d’un centre de moyens techniques et humains partagés, ouvert à toutes les filières industrielles.
Le parti pris initial est le suivant : les technologies développées par l’aéronautique (ici à Méaulte, l’assemblage des composites) ont à terme vocation de se diffuser dans d’autres secteurs comme le ferroviaire, le machinisme agricole, les équipements spéciaux…

L’appel à projets IndustriLab qui en est à sa 5e édition (la première édition date de 2010) a permis à la fois de valider ce parti pris tout en le précisant et en l’enrichissant. Derrière les techniques d’assemblage de matériaux complexes, s’est rapidement dégagée une problématique commune à toutes les entreprises qui assemblent et transforment les matériaux, celle de leur analyse, de la modélisation et de la simulation de leur comportement. Dans le secteur de la mobilité, l’objectif prioritaire est de parvenir à alléger les avions, les trains, les automobiles.
Ce la demande d’importants moyens de calcul en même temps que des compétences en conception de systèmes complexes qui peuvent être apportés par les écoles et universités.

Nouveaux métiers, nouvelles formations

Le centre de réalité virtuelle (IndustriLab) parachève ce numérique industriel en permettant de s’assurer de la cohérence des modèles et de tester les projets avant qu’ils ne soient complètement finalisés auprès des clients potentiels.
La mise en œuvre de ces produits et procédés bouleverse les processus industriels et se traduit par de nouveaux métiers ce qui appelle une importante modification des qualifications à tous les niveaux.

Aérolia illustre parfaitement cette problématique. Le passage accéléré aux composites pour la construction de l’A 350 a amené l’entreprise à reconfigurer son site et son process de production (halle A 350) et à organiser ses coopérations avec la communauté scientifique et universitaire (IndustriLab). Le transfert du lycée Henry Potez sur le site d’IndustriLab s’inscrit dans la même logique.

D’autres entreprises présentes à la table-ronde montrent que ces savoir-faire partagés concernent d’autres secteurs industriels : le ferroviaire (FAIVELEY, projet Light brakes), l’automobile (MONTUPET, projet Ecosable), ...
De la même manière, la Région a équipé ses lycées d’importantes plates-formes technologiques pour adapter les formations professionnelles à la nouvelle donne industrielle (lycée Lamarck à Albert, lycée Condorcet à Saint-Quentin, lycée Mireille Grenet à Nogent-sur-Oise). Ces lycées sont dotés d’équipements à la pointe dont souvent ne disposent pas encore les entreprises. Ce qui permet par exemple au lycée Condorcet de sous-traiter de la soudure électro-magnétique pour Airbus.

IndustriLab : l’Usine du futur comme dynamique collaborative

  • * IndustriLab illustre la chaîne de compétences, le réseau de partenaires et les moyens mobilisés pour concourir à l’Usine du futur. C’est un espace de finalisation de projets avec du matériel partagé et un centre de réalité virtuelle.
  • * IndustriLab a vocation de devenir un lieu de portage de projets désignant aux entreprises un interlocuteur unique susceptible de les accompagner dans les différentes étapes de sa conception comme dans son financement ou son ouverture au marché international.
  • Enfin, IndustriLab anime un réseau de sites régionaux en lien avec d’autres dynamiques : le pôle de compétitivité ITRANS ; le pôle de compétitivité Industries et agro-ressources (matériaux agro-sourcés) ; le pôle UPTEX (structure textile des composites) ; le CODEM 2.0 (industrialisation de la construction et de la réhabilitation de bâtiments) ; mais également avec le centre d’Innovation de l’UTC, les plates-formes des lycées et les labos… C’est tout le sens de la démarche Picardie Technopole.

IndustriLab : les prochaines étapes

Le bâtiment sera achevé dans le courant du mois pour une livraison en janvier 2015. Son coût s’élève à 32 millions d’euros financés à 80% par la Région et 20% par l’Europe. Le lycée Henry Potez sera transféré sur le site d’IndustriLab en janvier 2015. Au printemps 2015, la plateforme CADEMCE s’installera dans le bâtiment. Il s’agit d’une plateforme dynamique dans le domaine des technologies ferroviaires, capable de tester le captage du courant pour les trains circulant à très grande vitesse (jusqu’à 600 km/h) dans des conditions extrêmes.
Quant aux prochains projets de recherche, ils devraient être lancés en septembre 2015.

 

MOTS-CLES

économie

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