11/06/2014

Emplois d’avenir : la Picardie championne de France

5 000 jeunes Picards concernés

- A +
Ecoutez le texte avec ReadSpeaker Recommander cet article Imprimer
Le dispositif national des emplois d’avenir a déjà permis à 4 783 jeunes Picards d’avoir un emploi. Bilan d’une formule qui a su se développer en Picardie, comme nulle part ailleurs.
Emplois d'avenir : la Picardie championne de France

150 000, c’est l’objectif à atteindre au plan national, en matière d’emplois d’avenir, mesure phare du gouvernement et qui suit toujours son cours. Sur les territoires des départements de l’Oise, de la Somme et de l’Aisne, le nombre était fixé à 3 150 en 2013 et à 1 343 en 2014. Au final, les entreprises, les associations, les collectivités territoriales ou bien encore les établissements sanitaires picards ont à ce point bien joué le jeu que le but a été largement dépassé.

Autant de données qui font de la Picardie la région championne de France… au point même d’être autorisée par les ministères dédiés à en signer encore. Les bénéficiaires ? Jeunes, ils ont entre entre 16 et 25 ans – jusqu’à 30 ans pour les handicapés –, peu ou pas de diplômes, et sont en recherche d’emploi. Ces contrats constituent pour eux une opportunité à saisir.

C’est la possibilité d’un rebond, d’une expérience professionnelle à valoriser sur un curriculum vitæ. Ils s’appellent Virginie, Wilfried. Retour sur leur parcours. Sur ce qu’ils sont devenus. Sur ce qu’ils espèrent pour l’avenir.

Virginie Leminor, assistante de mandataire judiciaire

Elle avait tout du profil de la bonne élève. Belle attitude, bons résultats… jusqu’à la terminale. Et là, la mécanique s’enraye. Au total, elle tente trois fois le bac ES. Une boucle par le Canada plus tard et elle s’essaie à l’hôtellerie-restauration. Une expérience qui n’aboutit pas.

Un entretien à la Mission locale lui permet d’entrevoir la fin du tunnel. "De mettre un terme à cette parenthèse destructrice. Je correspondais aux critères, à condition de signer rapidement car mes 26 ans approchaient à grands pas. J’ai démarché partout. Mon réseau personnel m’a donné l’opportunité de décrocher ce contrat."

Virginie est assistante de mandataire judiciaire au sein du cabinet Bobrowska à Chantilly (60) et s’investit pleinement dans la préparation d’un brevet de technicien supérieur (BTS) économie sociale et familiale (ESF). "J’ai concentré une annéede cours à distance en 6 mois, explique la jeune femme. Aussi, ma vie personnelle a été mise entre parenthèses. Mais l’idée est d’accéder au niveau requis pour valider, dans un second temps, le certificat national de compétences (CNC) de mandataire judiciaire."

Rédaction de requêtes au juge des tutelles, demande de tarif d’énergie solidaire…, autant d’actes qui ont redonné le sourire et l’envie d’aller de l’avant à Virginie. Avec pour l’heure un contrat à durée déterminée (CDD) de 3 ans. "Ce n’est pas encore un contrat à durée indéterminée, mais cela s’en approche. Et il enrichit mon CV sur la durée. Je ne suis plus dans le cycle des petits boulots qui s’enchaînent. Cela redore mon image aux yeux des autres. Mais surtout aux miens."

Wilfried Croutte, agent d’entretien portuaire

C’est la polyvalence qui caractérise Wilfried. Il s’est essayé pendant 2 ans à la maçonnerie, en vue de préparer un certificat d’aptitude professionnelle (CAP). Et il a lâché. Ensuite, les contrats de courte durée tombent, dans l’industrie, comme marin-pêcheur aussi. "Mais faute d’avoir le fascicule maritime en poche, je n’ai pas pu continuer à naviguer."

Et c’est par le biais de l’intérim que Wilfried a commencé comme agent d’entretien au port de Saint-Valery-sur-Somme. Nettoyage des pontons, accueil des visiteurs, réparations quotidiennes…, un vrai factotum ! "J’ai dit oui tout de suite à l’idée de poursuivre en contrat d’emploi d’avenir. En intérim, le travail n’est pas régulier. Il y a les jours avec et les jours sans. Maintenant, je préfère d’une certaine sécurité".

Résultat : ce jeune homme est fier de pouvoir s’investir à fond dans la maison qu’il fait construire. La flexibilité des horaires, calés sur ceux des marées, lui laisse du temps libre en hiver, moins en été. Et Wilfried vise toujours le fascicule maritime. "Mon idée est d’avancer. De tourner le dos aux moments difficiles".

Virginie Fillion, agent administratif en ressources humaines

Les emplois d’avenir ? Une notion qui ne parlait pas à Virginie. "Je ne pensais pas y avoir droit. C’était vraiment flou". Le voile a été levé après un entretien à l’agence Pôle emploi de Clermont (Oise). "Habitant dans une zone urbaine sensible (ZUS), j’étais éligible", dit-elle avec un grand sourire.

Avec un contrat à durée déterminée de 3 ans d’entrée de jeu. De quoi mettre un terme au chômage après son bac professionnel "accueil et relation clients et usagers", décroché en 2012. Son entreprise depuis 3 mois ? L’Adapei de l’Oise, autrement dit Association départementale des amis et parents de personnes handicapées mentales, dotée de plusieurs sites.

"Évoluer dans le monde des ressources humaines est noble, davantage que dans l’accueil. C’est une très grosse opportunité. Avec un salaire à la clé, et non pas une indemnité ! Ça change tout !" Et le jargon ne fait pas peur à Virginie, au phrasé impeccable. "Je veux gravir les échelons dans le secteur".

La Région soutient

La Région finance 10 à 15 % du salaire brut des emplois d’avenir recrutés dans les secteurs associatifs et marchands, en complément des aides versées par l’État. À cela s’ajoute le financement de la formation des jeunes intégralement pris en charge par la Région.

EN SAVOIR PLUS

François Rebsamen, ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social, a annoncé le 3 juin dernier que le dispositif serait prolongé avec 45 000 emplois d’avenir supplémentaires en 2014.

VOS COMMENTAIRES

Vos commentaires

AJOUTER UN COMMENTAIRE

Avez-vous pensé à consulter sur notre site la rubrique «Aides régionales» ?
Il est également possible de contacter notre pôle d'accueil et de services au 0800 02 60 80 (gratuit depuis un poste fixe) qui pourra répondre à vos questions du lundi au vendredi de 8h à 18h.
Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici