Claude Lesueur, un grand cinéaste amateur

A découvrir sur la WebTv des Picards

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À bientôt 80 ans, Claude Lesueur a toujours l’oeil rieur et malicieux. Qui pourrait imaginer que l’homme fut, de façon fulgurante au milieu des années 60, un cinéaste amateur de premier ordre ? Ses 5 petits chefs-d’œuvre, révélés par la WebTv des Picards, sont à découvrir absolument.
Claude Lesueur, un grand cinéaste amateur

Né en 1935 à Pontpoint (60), rien ne prédestine Claude Lesueur à faire du cinéma. Si le Picard assiste à quelques projections au Ciné Palace de Pont-Sainte-Maxence, le jeune garçon est bien plus attiré par la lecture.

Élève à l’École normale de Beauvais, il découvre le cinéma par hasard dans le cadre du ciné-club. La caméra à la main, il réalise un film d’étude en 16 mm sur la ville de Beauvais. Une révélation.

Écrire en images

De cette première expérience naît chez Claude Lesueur une curiosité piquante pour l’écriture cinématographique. Filmer devient alors un besoin et réfléchir à la manière de filmer une condition. Au début des années 60, il filme ses vacances en famille et ne laisse rien au hasard. La pellicule coûte cher, pas question de filmer de façon irréfléchie.

Souhaitant pousser plus avant sa démarche, l’homme devenu professeur de français à Compiègne réalise alors de courtes fictions. Cultivé et espiègle, minutieux et patient, il devient naturellement adepte de la pochade, une œuvre esquissée rapidement.

Pochades cinématographiques

Pour son 1er film, le cinéaste adapte "À l’enterrement d’une feuille morte" de Prévert. Réalisé en pâte à modeler et tourné image par image, le film possède déjà l’essentiel du style de Lesueur : poésie, humour et ironie. Par ailleurs, en chef de groupe, le cinéaste fait des films pour et avec ses proches. Toute la famille participe ainsi aux tournages.

Dans "Mon bureau est malade", les émois fiévreux d’un meuble sont mis en scène. Dans "Catalogus", des images féminines sont prélevées dans des revues pour être collées puis animées. Si l’humour est badin, le regard est incisif sur la condition féminine.

Par la suite, Lesueur créera son personnage, sorte de Monsieur Hulot picard. À la manière de Tati, le son, toujours élaboré après le tournage, est aussi important que l’image. Dans "Raconte-moi la mer", il aborde les relations amoureuses estivales et fait d’une plage son plateau de cinéma. Pour son film le plus ambitieux, "Les étonnements de Monsieur Raoul", le propos se fait plus politique. La société moderne est scrutée d’un regard à la fois émerveillé et critique.

En exclusivité sur la WebTv des Picards

Fatigué, Claude Lesueur décide de remiser en 1973 sa caméra au placard. 40 ans plus tard, l’émission Archipop met au jour, par hasard, ces purs trésors cinématographiques. Diffusées en exclusivité sur la WebTv des Picards et accompagnées de deux reportages, les cinq pochades ont déjà été vues des milliers de fois. Ce qui naturellement étonne leur réalisateur à la carrière éphémère, qui n’a pas Internet.

Aujourd’hui, toujours imperturbable et caustique, Claude Lesueur poursuit sa passion pour l’écriture audiovisuelle. Et monte un projet de diaporama sonore intitulé "L’ordre et le désordre". Prometteur !

 

MOTS-CLES

cinéma , portrait

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