24/01/2014

Cérémonie des vœux aux personnalités

Jeudi 23 janvier 2014

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Intervention de Claude Gewerc, président du Conseil régional de Picardie
Cérémonie des vœux aux personnalités

Monsieur le Préfet de Région,
Monsieur le député européen,
Monsieur le Président du Conseil général de la Somme,
Monsieur le commandant de la région de gendarmerie,
Monsieur le Président du Conseil Economique social et environnemental régional,
Mesdames et Messieurs les élus régionaux, départementaux et communaux,
Mesdames et Messieurs les membres du C.E.S.E.R,
Monsieur le Recteur de l’Académie d’Amiens,
Madame et Messieurs les membres du corps préfectoral,
Madame et Messieurs les directeurs des services de l’État en Région,
Monsieur le Président de l’Université de Picardie Jules VERNE, Monsieur le Président de l’Université de Technologie de Compiègne,
Monsieur le président de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie,
Mesdames et Messieurs les actrices et acteurs de la société civile,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Merci à celles et à ceux qui sont rassemblés ce soir, au Carré de la République, à l’occasion de cette cérémonie des vœux !

Je veux particulièrement saluer les sportives et sportifs Picards qui nous honorent de leur présence et les remercier très sincèrement pour l’exemple qu’ils donnent, pour ce qu’ils apportent à notre région et à sa jeunesse.

Je veux aussi les remercier en votre nom d’avoir accepté d’être parmi les huit ambassadeurs du sport picard, de leur disponibilité pour faire découvrir leur discipline, parler de leur parcours sportif, scolaire et professionnel, du message qu’ils portent, d’une réussite fondée sur l’engagement et la rigueur.

Merci à Vincent BACHET, Marie COLLONVILLÉ, Aurore DESSAINT, Mélanie HÉNIQUE, Laurent HERNU, Céline GOBERVILLE, Bertrand MOULINET et Jérémy STRAVIUS !

Je vous demanderai d’applaudir celles et ceux qui sont présents parmi nous ce soir :

Merci et bravo à Jérémy STRAVIUS pour ses 4 médailles au championnat du monde de natation en 2013, dont 2 en or !
Merci et bravo à Mélanie HENIQUE, championne de France du 50 mètres papillon cette année.
Merci et bravo à Aurore DESSAINT, championne de France de tennis de table en double dames.
Merci et bravo à Laurent HERNU et à Marie COLLONVILLÉ pour leurs parcours aux jeux olympiques en athlétisme.

Cette cérémonie se déroule dans un contexte particulier, après les déclarations du Président de la République et les commentaires comme les inquiétudes qu’elles ont suscités.

Ce n’est pas la première fois que l’existence de notre région est mise en question. Nous avons tous encore à l’esprit l’émotion et la mobilisation qu’avaient suscitées les travaux de la commission Balladur et l’immense succès de la pétition « Touche pas à ma Picardie ».

Je me souviens des femmes et des hommes de l’Aisne, de l’Oise et de la Somme qui m’ont dit leur attachement à notre région, de celles et ceux qui revendiquaient leurs racines picardes, de celles et ceux aussi qui revendiquaient de pouvoir y construire un avenir différent.

Leur message n’était pas celui d’un repli nostalgique dans le passé, mais celui de la volonté de défendre un mode de vie sur un territoire qui, dans sa grande diversité, présente le point commun d’être différent de ceux qui le bordent au nord comme au sud.

Je me souviens aussi de l’inquiétude de celles et ceux ayant fui l’Ile-de-France et qui ont choisi de s’installer en Picardie, n’ont pas du tout l’intention de faire le chemin inverse.

Et pourtant, la question est à nouveau posée. Non pas parce qu’on voudrait notre perte, mais plutôt comme la conséquence d’une construction intellectuelle que je veux ici dénoncer.

En France, les « penseurs » de l’aménagement du territoire aiment les paysages ordonnés, les systèmes qui s’organisent depuis Paris. Pour la plupart d’entre eux, formés rue Saint-Guillaume, ils partagent une même vision du monde qui toutefois évolue selon les modes.

Comme toutes les modes, elles sont cycliques d’ailleurs. Après celles des « länder » allemands, nous voilà revenus à la DATAR des années soixante avec Paris et ses métropoles d’équilibre. Ce raisonnement fait l’impasse sur le rôle et la puissance de la région Ile-de-France qui elle n’est jamais remise en question.

Comment en effet imaginer un aménagement équilibré du territoire quand la région capitale représente près d’un tiers du PIB national ? Comment ne pas voir que la France est l’un des seuls grands pays au monde où les pouvoirs politiques, économiques, culturels, médiatiques sont concentrés, formant une sorte « d’intellectuel collectif » dans lequel ne se reconnaissent plus nos concitoyens.

Ce n’est pas un hasard si seuls les pouvoirs locaux gardent leur confiance comme en témoigne l’enquête d’opinion dont le journal « le Monde » s’est fait l’écho récemment.

En vérité, ce qui est bien plus pour moi le vrai sujet, c’est la question de la répartition des pouvoirs, la capacité d’initiative et par conséquent l’exercice des compétences et des responsabilités, au plus près de celles et ceux qui sont concernés, bref, une véritable décentralisation reposant sur le principe de subsidiarité !

Il a d’ailleurs été, d’une certaine manière, abordé par le Président de la République et je m’en réjouis, puisqu’au fond nous devrions tous être mobilisés pour répondre à la même question : comment être plus efficaces pour améliorer la vie quotidienne de nos concitoyens ? Comment être au rendez-vous des changements du monde ? Comment nous mobiliser maintenant pour répondre à l’urgence économique, sociale et environnementale ? Comment aussi faire vraiment des économies ? A l’évidence, pas en supprimant quelques Régions ! Leur coût global de fonctionnement est inférieur à 3 milliards d’euros, soit moins de 1 % du budget de l’Etat !

Les élus régionaux coûteraient-ils trop chers ? Le coût d’indemnisation des élus locaux est de l’ordre de 1 milliard 500 000 euros, toutes collectivités confondues : un peu moins de 1 milliard 3 concerne le bloc communal, 120 millions les Conseillers généraux, 60 millions les Conseillers régionaux. Le budget du Sénat est de plus de 330 millions d’euros.

Y aurait-il trop d’élus en France ? A l’évidence, oui ! Comparée aux autres pays européens, avec six cent un mille cent trente deux élus, la France détient le record mondial du nombre d’élus au mètre carré ! Mais il n’y a que 1 880 Conseillers régionaux.

Par contre, il y a un vrai sujet : celui de la clarification des compétences pour faire des économies et surtout gagner de l’efficacité. Et l’Etat, de ce point de vue, doit montrer l’exemple, arrêter de se mêler de tout, arrêter d’intervenir dans des compétences qu’il a pourtant déléguées, arrêter de maintenir des administrations régionales dont la mission essentielle consiste à nous expliquer ce que nous devons faire avec notre budget. De même, les collectivités doivent être en responsabilité d’un domaine, dans des blocs de compétences clairement identifiés.

Je suis pour l’abandon de la clause de compétence générale afin que nos concitoyens sachent qui fait quoi et que les porteurs de projets n’aient qu’un interlocuteur.

La clarté et la rapidité de décision sont aujourd’hui des conditions d’efficacité. Il faut en effet simplifier les modes d’intervention de la puissance publique pour être au rendez-vous d’un monde complexe. Nos sociétés ont en effet profondément changé.

L’exercice pyramidal du pouvoir, l’organisation mécanique et cloisonnée de l’économie et de la société, fait progressivement place à des formes d’organisation collaborative sur le modèle du fonctionnement des réseaux sociaux. La complexité du monde appelle la multiplicité des expériences et l’engagement coopératif sur des projets qu’ils soient économiques, sociaux culturels ou politiques.

La hiérarchie fait place aux réseaux, le plus moderne des réseaux territoriaux est celui qui se retrouve au niveau de nos régions. C’est un réseau qui fonctionne sur le partage des compétences, dans la confiance. C’est la clé de la réussite d’une région comme la nôtre pour elle-même bien sûr, mais aussi pour le pays tout entier.

J’invite ceux qui se moquent de la Picardie, ceux qui stigmatisent sa population, à venir voir ici ce que nous Picards nous avons fait et que nous continuons à faire pour contribuer à la richesse nationale.

Comment peut-on oser railler des femmes et des hommes qui se sont vus interdire l’accès à la formation, à la culture, parce que depuis des générations on les a envoyés aux champs et à l’usine, parce que pendant des générations, ils ont travaillé à enrichir des empires comme Saint-Frères puis Boussac pour entretenir le luxe français et parisien ?

La collectivité nationale à une dette vis-à-vis d’eux, celle de ne pas avoir su les accompagner, de les avoir oubliés après qu’ils aient tout donné. Il y a en effet peu de région à qui la France doit autant qu’à la Picardie !

C’est en Picardie que s’est constitué le domaine Capétien en même temps que la Nation Française avec l’élection d’Hugues Capet à Senlis et son sacre à Noyon en 987. C’est en Picardie, qui comprenait alors le Boulonnais, qu’a été créée une des premières généralités en 1542.

C’est en Picardie que se sont déroulées toutes les guerres, avec les anglais et les espagnols, puis les allemands, lors du conflit 14-18, dont nous célébrons le Centenaire cette année. Une grande partie de notre région a été rasée comme l’ont été nos villes en 1940.

Il nous a fallu beaucoup de temps pour nous remettre de ces blessures et les plus anciens se rappellent les baraquements qui étaient implantés sur les boulevards, ici, à Amiens, bien après la guerre, tellement les dégâts avaient été importants.

La « Rose de la Paix » que nous avons voulu baptiser à l’occasion du Centenaire du premier conflit mondial, exprime à sa manière notre volonté commune de tourner ces pages noires de notre histoire et de redonner à la Picardie le rayonnement qui était le sien dans les périodes où elle fût une grande terre de production et d’échanges.
« Picardia terra nutrix » : cette citation de la fresque de Puvis de Chavannes qui orne l’escalier d’honneur du Musée de Picardie nous rappelle l’extrême fertilité de nos terres et leur contribution à la richesse nationale.

C’est à cette fertilité que l’on doit la magnificence du Gothique en Picardie. De tout temps, elle a nourri les hommes en même temps qu’elle a fourni des matières premières à l’industrie.
Amiens était déjà à l’époque romaine un grand centre textile. Cette longue histoire a façonné nos paysages comme un certain « esprit de Picardie » fait de loyauté, d’engagement et aussi d’inventions.

On ne le sait pas assez, notre région a toujours été une terre d’innovations, qu’il s’agisse des procédés de conservation pour l’alimentation, de brevets pour le textile, de l’aéronautique dont nous avons été l’un des berceaux et dont en témoigne encore aujourd’hui le site Aérolia de Méaulte.

Ce sont ces mêmes valeurs qui nous permettent de porter une ambition collective d’excellence pour tirer un trait définitif sur nos difficultés.

L’histoire que raconte « Picardie : l’ambition de l’excellence » et qui vous sera remis à l’issue de cette cérémonie, montre comment depuis trente ans, des femmes et des hommes mobilisés ont bousculé les idées reçues pour rendre ici possible ce que beaucoup considéraient comme improbable.
Notre exceptionnelle réussite aux appels à projets des investissements d’avenir témoigne de cette excellence.

Oui, aujourd’hui la Picardie est une des premières régions d’Europe pour la chimie du végétal !

De ce point de vue, deux évènements majeurs ont marqué l’année 2013. Le premier est le lancement de la plate-forme de protéines IMPROVE à Amiens. Elle réunit la communauté scientifique et l’essentiel des grandes filières agricoles. On peut imaginer que les protéines végétales issues de notre agriculture viendront demain encore plus se substituer au soja, au grand bénéfice de notre balance commerciale.

Il y a peu, je posais avec le Ministre du Redressement Productif Arnaud MONTEBOURG et le Commissaire Général à l’Investissement Louis GALLOIS, la première pierre de Biogis Centre à Compiègne, qui marque une nouvelle étape dans le projet PIVERT, le plus important programme pour la bio-raffinerie d’oléagineux dans le monde.

Sans la mobilisation des acteurs régionaux et le soutien indéfectible de la Région depuis trente ans, rien de cela n’aurait été possible !

De la même manière que n’aurait pas été possible la formidable réussite du Hub du stockage de l’énergie, là encore une référence mondiale, dont nous avons choisi l’équipe d’architectes. La Région s’est engagée sans compter sur ce projet et depuis longtemps ! Qui pourrait croire que des décisions prises ailleurs qu’en région auraient pu avoir le même résultat ?

En 2013, nous avons aussi lancé le Campus des Métiers de la Métallurgie et de la Plasturgie qui met en réseau 2500 apprenants des lycées et établissements d’enseignement supérieur de Saint-Quentin, Laon, Albert et Chauny afin de mutualiser les plates-formes technologiques et de développer de nouveaux liens avec les industriels.

J’invite ceux qui pourraient avoir des doutes sur l’utilité de la décentralisation et la capacité des Picards d’être au rendez-vous de l’avenir, à visiter les équipements de pointe que nous avons installés dans nos établissements et qui sont pour certains tellement performants que des grands groupes industriels les utilisent.

2013 aura été marqué aussi par la mise en place du Service Public d’Efficacité Energétique. Là encore, une première en France puisque la Région en assurera la gestion directe en régie.

Il s’agit d’un formidable levier pour la rénovation thermique de l’habitat, une contribution massive de notre région à la transition énergétique, à l’amélioration de la qualité de vie de nos concitoyens comme à la création de l’emploi.

Nous avons voulu en effet, et c’est la force de la Région de pouvoir le faire, engager une dynamique qui lie innovation technologique, accompagnement des travaux et financement. Il s’agit ni plus ni moins que d’industrialiser la rénovation de l’habitat pour à la fois raccourcir les délais de travaux, faire baisser les prix, tout en permettant aux entreprises de toutes tailles d’y trouver un moyen privilégié pour leur développement. C’est un grand et beau chantier pour 2014 !

2013 marque aussi un tournant dans les grands programmes régionaux puisque c’est la dernière année des Programmes Opérationnels Européens comme des Contrats de Projets Etat-Région.

Elle a été pour nous une année de préparation des Programmes Opérationnels pour la période qui vient, en même temps que du nouveau Contrat de plan dont nous avons progressivement connaissance du cadre sans pour autant en connaître encore les moyens qui y seront affectés par l’Etat, à l’exception du volet mobilité, encore celui-ci ne comprend-t-il pas deux opérations particulièrement structurantes, le barreau Creil-Roissy et le Canal Seine Nord Europe. Ils doivent faire l’objet d’un traitement particulier.

S’agissant de Creil-Roissy, des avancées significatives ont été obtenues en 2013 et je suis particulièrement confiant sur sa réalisation, dans la mesure où il est maintenant clairement considéré comme une priorité à la fois par la commission Duron et par le gouvernement.

Je ne vous étonnerai pas en vous disant que Frédéric CUVILLIER, le Ministre des Transports, est particulièrement attaché à ce projet comme il l’est avec nous à l’électrification complète d’Amiens-Abbeville-Boulogne qui permettra à nos territoires de bénéficier pleinement de la dynamique du TGV.

Ce dossier illustre comme tant d’autres la réalité du travail des Régions aujourd’hui et l’efficacité de leur coopération sur des projets partagés. Il a été relancé à l’occasion de la Conférence des Régions du Grand Bassin Parisien, au moment où je la présidais, permettant d’entraîner l’adhésion de la Région Ile-de-France où d’ailleurs les travaux doivent se réaliser.

Pour ce qui concerne le Canal à grand gabarit, je me réjouis que la mission confiée à Rémi PAUVROS ait permis en 2013 de jeter les bases d’une relance de ce projet dont la gouvernance initialement prévue du financement ne pouvait conduire qu’à l’échec.
Mais nous n’attendons pas la réalisation du canal pour favoriser le développement du fret fluvial puisque nous avons en 2013 inauguré le port de Longueil-Sainte-Marie dont la Région est l’un des principaux financeurs.

Le canal ne doit pas être qu’un tuyau mais bien s’inscrire dans un réseau fluvial et articuler au-delà les différentes formes de fret, ferroviaire ou routier, dans des plates-formes d’échanges intermodales.
C’est pour cette raison que j’ai demandé que ce projet fasse l’objet d’un contrat particulier rassemblant l’Union Européenne, l’Etat, les Régions, les collectivités et les opérateurs concernés.

L’Europe est bien présente dans notre région.

Vous le savez, la programmation européenne 2007-2013 a été particulièrement ambitieuse en matière de recherche, innovation et transition énergétique, sujets dont la Région avait revendiqué le pilotage - il serait long et fastidieux d’en faire un bilan - mais les moyens que nous avons négociés nous ont permis de finaliser nombre de projets importants pour l’avenir. Je ne citerai que les laboratoires de médecine pharmacie, la rénovation des pôles de recherche de l’UTC ou IndustriLAB, …

Nous avons pu aussi mettre l’accélérateur sur les réseaux de chaleur, accompagner de nombreuses expérimentations sur les usages numériques, conforter nos programmes de recherche et d’innovation pour la chimie du végétal et les transports du futur.

Comme nous le rappelle le clip malicieux de notre service Communication, ces moyens ont permis notamment au laboratoire Heudiasyc de l’UTC de travailler avec Renault pour, à défaut de « tuning », concevoir une « Mégane » qui se conduit toute seule.

La mobilisation des Régions – à laquelle certains d’entre vous ont contribué en m’accompagnant à Bruxelles - a permis la reconnaissance des Régions en transition et l’obtention de 10% de crédits supplémentaires pour la Picardie sur la période 2014-2020 par rapport à la génération précédente, dans un contexte de diminution de l’enveloppe au niveau européen ! Nous sommes la 3e région à connaître la hausse la plus importante de ces crédits.

L’exercice auquel nous avons été conviés par la Commission a été pour nous relativement facile dans la mesure où la stratégie de spécialisation intelligente qui sous-tend la nouvelle programmation, s’inscrit parfaitement dans la démarche que nous avons engagée de longue date en Picardie.

Pour l’essentiel, il s’agit de poursuivre et d’amplifier les dynamiques engagées autour de nos pôles d’excellence avec toutefois une dimension nouvelle, celle de la ville, associée à une exigence de montée en puissance économique des grands choix que nous avons faits.

Sur la ville il s’agit à travers le programme « Urbanicité » d’aborder globalement l’innovation urbaine, qu’il s’agisse de déplacement, d’énergie, de procédés constructifs ou d’accessibilité à tous les publics. Cela nous invite à mobiliser les sciences dites exactes, mais aussi les sciences sociales et surtout à inscrire l’innovation sur nos territoires.
Cette démarche rejoint celle du Schéma Régional d’Aménagement et de Développement Durable du Territoire, et en particulier deux directives d’aménagement : celle des quartiers de gares et celles des nouvelles campagnes.
La première sera adoptée prochainement par l’Assemblée régionale, la seconde l’a été fin 2013.

Dans tous les cas, la méthode est la même : elle consiste à rassembler les acteurs dans des logiques de projets pour accélérer l’innovation économique, sociale et territoriale. C’est la seule manière de répondre plus efficacement aux besoins de nos concitoyens en même temps que d’entraîner notre région dans une nouvelle dynamique de développement.

C’est dans cet esprit que nous abordons la nouvelle politique territoriale de la Région qui consiste tout simplement à accompagner nos territoires dans des projets qui permettent de les renforcer durablement.

La nouvelle période doit être en effet celle où nous récoltons ce que nous avons semé en matière d’innovation, de recherche, de formation, de grands équipements, pour que cela bénéficie au plus grand nombre de nos concitoyens et d’abord en terme d’emplois.
2014 sera de ce point de vue marquée par la montée en puissance de Picardie Technopôle, qui a vocation à faciliter l’accès des entreprises à l’innovation, au financement et à l’international.

Nous voulons donner un nouveau souffle à l’internationalisation de nos entreprises dans une démarche globale qui allie financement, innovation et présence à l’étranger. 2013 a ajouté une coopération avec le Brésil où sont déjà bien présentes nos entreprises agro-industrielles comme l’enseignement supérieur, en particulier l’Université de Technologie de Compiègne.

Nous voulons donner une nouvelle ampleur à cette démarche dans un partenariat refondé avec la Chambre de Commerce et d’Industrie. C’est tout le sens du Schéma d’Internationalisation des Entreprises aux travaux desquels viendra participer Nicole BRICQ, Ministre du Commerce Extérieur, le 3 février prochain.

Mais l’international, ce n’est pas que de l’export.
Ce sont des échanges dans les deux sens, en particulier en matière de tourisme. L’implantation du Comité Régional du Tourisme sur le marché chinois connaît ses premiers résultats alors qu’il s’apprête maintenant à travailler sur le marché indien.

Pour nous accompagner dans tous ces projets, le Ministre des Affaires Extérieures a mis à notre disposition un Ambassadeur qui constitue aujourd’hui un appui précieux pour nos actions collectives et la défense de nos entreprises à l’étranger.

Parlant d’économie, je voudrais aussi citer le Picardie Pass’ Création qui simplifie et rend plus efficace l’accompagnement des créateurs d’entreprise ; la montée en puissance de nos appels à projets sur l’économie sociale et solidaire avec de beaux résultats ; les investissements aussi décidés en Picardie en 2013, et bien autre chose encore !

2013, c’est la mise en service de KOGEBAN à Nesles : 90M€ d’investissement, 100 emplois ; c’est l’inauguration de FIGEAC AERO à Méaulte, avec une perspective de 200 emplois ; de LAROCHE Industrie encore à Méaulte ; c’est DIANE Industrie à Laon ; c’est la mise en œuvre d’un programme de 80M€ d’investissement à Le Creuset à Fresnoy le Grand ; ce sont les travaux du centre de RD Inergie à Venette avec une perspective je le répète de 450 emplois ; ce sont des marchés nouveaux de développement pour ISAGRI, BIOCODEX, FAIVELEY, RKW, CERIC Technologies.

La liste n’est évidement pas exhaustive, mais elle illustre bien me semble t il les mutations qui sont en cours dans notre région.

Cela ne nous fait pas oublier les inquiétudes et les situations de détresse provoquées par les sites qui ferment ou qui réduisent leurs effectifs. Nous continuons à être auprès des salariés et des chefs d’entreprise qui le souhaitent, pour sortir au mieux des difficultés.

Notre Mission d’Intervention Economique et Sociale a suivi en 2013 107 entreprises qui concernent plus de 16 000 salariés.

Ces difficultés ne peuvent d’ailleurs se résoudre que dans le dialogue et je me réjouis qu’un accord ait enfin pu intervenir entre la direction et les salariés de Goodyear.

J’espère, comme Arnaud MONTEBOURG, que le projet de production de pneus agraires sur le site pourra être relancé et venir ainsi renforcer la filière des agro-équipements, déjà très présente en Picardie et qui s’est vue renforcée cette année par l’important programme d’investissement de Massey Ferguson que nous avons inauguré en 2013 à Beauvais.

En de nombreux domaines, notre région bouge ; elle progresse.
Le Conseil régional y contribue par un travail de rassemblement des partenaires, d’accompagnement de leurs projets, de construction de feuilles de routes à travers les plans et les schémas qui permettent de mobiliser les moyens sur des objectifs partagés, dans les domaines que j’ai déjà évoqués, mais aussi pour l’environnement, la formation professionnelle, le sport, la culture, le tourisme. Il le fait aussi directement sur les compétences qui sont les siennes avec des niveaux d’investissement jamais atteints en 2013 comme en 2014.

C’est le cas en particulier pour nos lycées, pour lesquels nous avons engagé un Plan Pluriannuel d’Investissements de 360M€, pour les constructions universitaires et les centres techniques pour lesquelles nous assurons la maîtrise d’ouvrage comme l’Université de médecine-pharmacie, le pôle universitaire de Saint-Quentin, le Hub du stockage de l’énergie, le Centre d’innovation de l’UTC, IndustriLAB et CADEMCE.

En 2013, nous avons, après une large concertation, conclu une nouvelle convention TER avec la SNCF et avec RFF pour la période 2013-2018.
De l’avis général, elle marque une véritable avancée pour l’amélioration du service et le respect des usagers dans un cadre financier maîtrisé. Elle s’accompagne d’un ambitieux programme d’investissements puisque nous avons commandé 7 nouvelles rames REGIO 2N en même temps que la modernisation de 8 rames à deux niveaux, pour 50 millions d’euros.

C’est une des réponses aux difficultés rencontrées sur l’axe Amiens-Paris.

En 2014, nous lancerons avec le CoDEM « Batlab », le laboratoire d’innovation pour le bâtiment ; une vitrine, un lieu de rencontre pour les produits, les savoir-faire et les territoires de notre région, à côté des locaux de la Comédie de Picardie, en même temps que nous accompagnerons tous les projets de notre plan de relance en 2013 qui a connu un réel succès.
Nous entrerons cette année dans la phase opérationnelle de construction du siège du Pole Industrie et Agro ressources à Laon, et lancerons le projet de réalisation de la nouvelle plateforme Innovaltech au lycée Condorcet de Saint Quentin.

A côté de l’important effort d’investissement auquel nous contribuons directement ou indirectement, nous avons su préserver, malgré les difficultés, des moyens d’intervention qui nous permettent de maintenir un effort important dans le sport, la culture, la vie associative, quand beaucoup d’autres ont diminué leur contribution.

Nous l’avons fait parce que nous considérons que le « vivre ensemble », la fête et l’accès à la culture constituent des leviers indispensables au développement équilibré d’une région.

La fête, nous l’avons voulu dans le cadre prestigieux du Domaine de Chantilly pour l’ouvrir à celles et ceux qui n’y ont jamais eu accès, alors que quelquefois ils habitent à côté… Ce fût une belle réussite que nous renouvellerons, je l’espère, cette année.

La fête et l’accès à la culture, c’est aussi le « Picardie Mouv’ » qui s’impose maintenant comme un rendez-vous incontournable et qui à la fois donne une chance aux groupes régionaux de musiques actuelles et en même temps permet d’accueillir des artistes de niveau national ou international.

C’est aussi, et j’y attache de l’importance, avec « Picardie en Fête », l’accompagnement d’une multitude d’initiatives qui font vivre nos territoires grâce à l’engagement militant de nombreux acteurs associatifs.

Ces manifestations populaires – je souligne la noblesse de ce terme - vont de pair avec des évènements exceptionnels comme l’a été le concert de l’Orchestre de Picardie avec le monumental Requiem de VERDI, dirigé par notre chef Ari VAN-BEEK, le Brighton festival chorus, l’orchestre de Bretagne et les solistes du Royal Opera House Covent Garden à Amiens et à Compiègne.

Ces quelques évocations montrent à quel point notre région est vivante, mobilisée et réussit dans de nombreux domaines.

Vous le savez comme moi pour en être les acteurs, nos réussites collectives et celles que nous préparons sont nos meilleurs arguments pour défendre notre région.
Merci encore à toutes et à tous de votre engagement.
Vous êtes les meilleurs défenseurs de notre région,
Il n’est pas question qu’elle disparaisse, nous avons encore tant de choses à faire ensemble !